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Scandale au Centre hospitalier du Cinquantenaire : Un chef des urgences éclaboussé par des accusations de faux diplômes, l’Étoile Bleue dans la tourmente
Le docteur Jean-Michel Kayumba, nommé chef du service des urgences du Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire et coordonnateur adjoint du programme « Étoile Bleue », est au cœur d’une controverse portant sur l’authenticité de ses titres académiques et professionnels. Acculé, selon plusieurs sources médicales, à produire les justificatifs de ses qualifications, il a quitté ses fonctions.

Un programme ambitieux, mais une mise en œuvre controversée
Lancé à l’initiative du président de la République, le programme de renforcement des capacités des professionnels de santé dans la prise en charge des urgences préhospitalières et hospitalières devait constituer une avancée importante pour le système sanitaire congolais.
Sous la supervision du ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, près de 200 médecins et infirmiers avaient notamment bénéficié d’une première session de formation au Maroc.
Une 2ème étape avait été organisée à Kinshasa, en juillet de l’année dernière, à l’hôtel River. Durant une quinzaine de jours, des professionnels de santé congolais avaient été encadrés par des spécialistes des urgences issus de la diaspora, notamment du Royaume-Uni, de France, de Belgique et d’Afrique du Sud, en collaboration avec leurs collègues établis en RDC.
L’objectif était de renforcer durablement les capacités nationales, particulièrement dans la gestion des urgences préhospitalières. Des sessions régulières étaient envisagées. Mais le programme de formation n’a finalement pas connu la continuité attendue, au grand regret des spécialistes et professionnels qui s’y étaient investis.
L’Étoile Bleue au centre des contestations

Dans la foulée, le ministère de la Santé a mis en place le programme dénommé « Étoile Bleue », avec pour base opérationnelle le Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire. Des ambulances et des motos ont notamment été affectées à cette structure destinée à renforcer le dispositif de réponse aux urgences.
C’est dans ce contexte que l’arrêté ministériel du 6 octobre, signé par le ministre de la Santé, le Dr Roger Kamba, a procédé à la désignation de l’équipe dirigeante du programme.
Le Dr Christophe Mwaluka a été nommé coordonnateur principal, avec comme adjoint le docteur Jean-Michel Kayumba. Une 3ème personne devait assurer la gestion financière de la structure.
Ces nominations ont rapidement suscité des réactions au sein du milieu médical. Plusieurs professionnels ayant participé à la conception et à la mise en place du projet se sont notamment interrogés sur les critères ayant présidé à la désignation de certains responsables.
Des accusations de faux titres et diplômes

La nomination du Dr Jean-Michel Kayumba a particulièrement cristallisé les contestations. Celui qui occupait également les fonctions de chef du service des urgences du Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire est accusé par certains de ses confrères de s’être attribué des titres et qualifications dont l’authenticité est contestable.
Selon des informations recueillies auprès de sources médicales, des documents présentés par ses détracteurs soulèvent des interrogations sur la validité de ses diplômes et de ses références professionnelles.

Au-delà de la controverse administrative, certains confrères mettent également en doute son expérience et ses compétences dans la gestion des urgences, évoquant des difficultés observées dans l’exercice de ses fonctions.
Confronté, selon ces mêmes sources, à des demandes de justification de ses titres et diplômes, le médecin a quitté ses fonctions et est depuis lors introuvable. Le service des urgences du Cinquantenaire fonctionne actuellement sous la responsabilité d’un intérimaire.
Le ministère de la Santé face à ses responsabilités

Cette affaire soulève une série de questions sur le processus de nomination des responsables médicaux dans les établissements publics, particulièrement lorsqu’il s’agit de services aussi sensibles que les urgences.
Comment le ministère de la Santé a-t-il procédé à la vérification des diplômes et des qualifications du médecin concerné avant sa nomination ? Le coordonnateur du Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire a-t-il effectué les contrôles nécessaires ? Sur quelles références académiques et professionnelles les décisions de nomination ont-elles été fondées ?
Autant d’interrogations qui interpellent directement les autorités sanitaires et appellent des explications publiques.
Combien de patients ont-ils été exposés à des risques ?

Au-delà des responsabilités administratives et des éventuelles irrégularités dans les nominations, une autre question, encore plus préoccupante, se pose : celle de la sécurité des patients.
Si les accusations relatives aux qualifications du médecin venaient à être établies, quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur la prise en charge des patients admis aux urgences du Cinquantenaire pendant la période où il dirigeait ce service ?
Des manquements médicaux ont-ils été constatés ? Des patients ont-ils subi des préjudices ? Existe-t-il des dossiers nécessitant un examen rétrospectif ?
Il serait prématuré d’établir un lien entre les accusations portant sur les diplômes du médecin et d’éventuels décès ou complications médicales. Mais la gravité de la situation justifie que les autorités compétentes s’en saisissent sans délai.
Notre enquête entend se poursuivre, notamment auprès du Conseil national de l’Ordre des médecins, afin d’établir la véracité des documents contestés, de vérifier le parcours professionnel de l’intéressé et de déterminer les responsabilités éventuelles.
Le silence ne saurait constituer une réponse à une affaire qui touche directement à la crédibilité des institutions sanitaires et, surtout, à la sécurité des patients. Dossier à suivre.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET