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Salutation entre Kagame et Suminwa à Dar es Salaam : Une vive polémique stérile enflamme inutilement la toile !
« Négociez sur des faits et non sur des émotions ». Ce principe sacro-saint en diplomatie a de nouveau été au coeur de l’actualité, ce samedi 8 février 2025, en marge des discussions de Dar es Salaam ( Tanzanie) sur la guerre du M23/AFC/Rwanda en RDC.
Au moment où plusieurs acteurs internationaux sont dans la recherche des solutions pour épargner la sous-région des Grands Lacs d’un embrasement général, suite à l’invasion de la partie Est de la RDC par les forces armées du Rwanda et ses supplétifs du M23, une certaine opinion s’est accrochée à un épiphénomène : la salutation de Paul Kagame à la Première ministre Judith Suminwa avant l’ouverture du sommet des chefs d’État. Pour ces internautes, la cheffe du gouvernement congolais n’aurait pas dû répondre à la salutation du président Kagame.
» C’était plutôt une décision judicieuse. Le respect des normes diplomatiques est fondamental pour un chef de gouvernement, incluant la reconnaissance des autres dirigeants, même dans des moments de tension », a expliqué un diplomate chevronné à CONGOPROFOND.NET, balayant d’un revers de la main l’emballement de la toile sur cet événement mineur.
Puis d’ajouter : » Réagir avec agressivité fera certainement reculer vos interlocuteurs. L’échange, l’écoute active, le questionnement, la reformulation, l’argumentation, l’observation du non verbal sont autant de leviers pour mener à bien ce type de négociation. Les négociateurs adeptes de cette approche « gagnant-gagnant » font preuve d’une véritable empathie et savent négocier finement ».
Pour lui, l’impératif était, pour la Première ministre, d’avoir préparé ses arguments et de les connaître sur le bout des doigts. » La délégation congolaise est venue avec la ferme détermination d’expliquer aux décideurs politiques internationaux pourquoi il lui paraît légitime d’obtenir ce qu’elle voulait et répondre aux objections de son interlocuteur avec confiance et clarté », a-t-il conclu.
Il convient de noter le comportement stoïque de Suminwa envers Kagame, qui cherchait à attirer son attention de manière insistante. Elle a su rester ferme et digne, manifestant sa stature de femme d’État. Quand Kagame s’est dirigé vers elle pour lui serrer la main, Suminwa a choisi d’accepter ce geste, témoignant de son engagement à promouvoir un dialogue constructif malgré les défis. Cette situation met en évidence sa capacité à naviguer avec agilité dans des contextes diplomatiques difficiles, tout en respectant l’intégrité de son pays.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
