Sécurité
Rutshuru : Nyanzale passe sous contrôle du M23, la population en détresse
Les terroristes du M23, soutenus par le Rwanda, se sont emparés de la cité de Nyanzale, en territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, ce mercredi 06 mars 2024.
Cette nouvelle cité est tombée entre les mains de l’ennemi après d’intenses combats entre les territoires du M23-RDF contre les FARDC – Wazalendo.
Selon la notabilité du territoire de Rutshuru qui confirme cette information, les M23-RDF ont finalement réussi à percer le mur des FARDC et Wazalendo depuis Ngoroba et Lushebere jusqu’à prendre les villages Kirima et Kashalira à partir d’où la route Kibirizi-Nyanzale est coupée.
« Nous sommes sous contrôle du M23 ici à Nyanzale. Ils avancent vers Kikuku. Ils sont nombreux, avec des véhicules », a indiqué une source sanitaire ayant également requis l’anonymat.

Patrick Muhindo Mongera, chef du groupement Mutanda où se situe Nyanzale, a estimé que la situation sécuritaire était « précaire ». « Depuis mardi 05 mars dernier, car il y avait des attaques à Nyanzale, Kashalira et Kirima. La journée de ce mercredi, nous pouvons confirmer la prise de Nyanzale par les rebelles du M23 », a-t-il déclaré ajoutant que la population était « en débandade ».
De son côté, l’armée congolaise assure également jusqu’à cet instant le contrôle de la Société Minière du Kivu (SOMIKIVU), Bwalanda, Katwe et Kikuku jusqu’à Kanyabayonga.
Par contre, les populations de Kirima et Kibirizi ont marché toute la nuit du mardi à ce mercredi 06 mars jusqu’à Rwindi pour les unes et les autres jusqu’à Kanyabayonga où elles sont arrivées vers 2h et 3h du matin de ce mercredi, fuyant l’avancée de la rébellion du M23.

Signalons qu’il s’observe une accalmie sur les lignes des fronts du territoire de Masisi qui a fait deux mois sans repos des confrontations rudes dans les chefferies des Bahunde et Bashali.
Cedrick Sadiki Mbala/CONGOPROFOND.NET
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
