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Rougeole : épidémie nationale confirmée, MSF appelle à une mobilisation massive

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Suite à la déclaration nationale d’épidémie de rougeole communiquée par le ministère de la Santé ce 10 juin, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux à une mobilisation massive pour vacciner plus d’enfants et soigner les patients affectés par la maladie.

L’épidémie de rougeole qui frappe la République Démocratique du Congo (RDC) risque d’être la plus meurtrière depuis sa forte résurgence dans le pays en 2011-2012.

Au cours des cinq premiers mois de 2019, plus de 1.500 décès liés à la rougeole ont été officiellement comptabilisés, soit près des ¾ du nombre total de décès enregistrés sur toute l’année 2012 lors de l’épidémie la plus mortelle de cette dernière décennie.

Une infirmière vaccine les enfants de 6 mois à 5 ans contre la rougeole lors de la campagne de vaccination de riposte menée par MSF dans la zone de santé de Kamwesha (Kasaï)


«Les équipes de MSF en collaboration avec les équipes du ministère de la Santé, mettent tout en œuvre pour couper la chaîne de transmission de la maladie en offrant une vaccination de riposte à des populations dès que des cas de rougeole sont rapportés et en soignant les patients affectés. Mais au vu de l’ampleur de l’épidémie, outre les efforts déjà menés ces derniers mois, davantage de moyens et d’acteurs sont requis. Assurer l’approvisionnement en vaccins et médicaments s’impose au plus vite », explique Rachel Séguin, coordinatrice médicale de Médecins Sans Frontières en RDC.

Depuis le début de l’année, Médecins Sans Frontières combat l’épidémie de rougeole aux côtés des équipes locales du ministère de la Santé dans dix provinces du pays : Haut-Lomami, Lualaba, Tanganyika, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tshopo, Kasaï, Kasaï Central, Haut-Uélé, et Ituri. Mais face à l’ampleur de l’épidémie, MSF renforce ses moyens de lutte et déploie des équipes dans de nouvelles zones de santé afin d’y lutter contre la propagation de l’épidémie.

Pela-Buebe veille sur son plus jeune enfant, un des trois atteints de la rougeole, qu’elle a ramené au centre de traitement de la rougeole de MSF à Mayi-Munene (Kasaï)


«La rougeole a causé beaucoup des dégâts dans mon village. Il y avait des morts dans quasiment chaque maison. Certaines familles ont perdu deux, trois voire quatre enfants », témoigne Albertine, habitante de la zone de santé de Kamwesha (Kasaï) où MSF est intervenue au mois de mai dernier.

La rougeole touche principalement les enfants. En RDC, plusieurs facteurs expliquent sa récurrence parmi lesquels la faible couverture vaccinale ; l’approvisionnement irrégulier – voire les ruptures de stocks – en vaccins ; un système de surveillance affaibli ; des moyens logistiques limités mettant à mal la chaine de froid ; des conflits armés et des déplacements qui paralysent le système sanitaire de certaines zones ; ou encore un problème d’accès financier ou géographique aux structures de soins.

« Les facteurs entrainant la résurgence de la rougeole sont nombreux, mais vu la récurrence de la maladie, il est vital qu’un système d’approvisionnement stable des vaccins soit assuré dans le pays. Plusieurs programmes sont prévus pour augmenter la couverture vaccinale plus tard dans l’année mais dans l’immédiat, il est urgent de contenir l’impact de l’épidémie pour sauver un maximum de vies en assurant la vaccination des enfants et la prise en charge gratuite des patients affectés avec des stratégies ciblées et flexibles selon l’évolution de l’épidémie dans chaque zone de santé», conclut Dr. Ousmane Moussa, Chef de Mission de Médecins sans Frontières.

La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse pour laquelle aucun traitement n’existe. Le seul moyen de lutter contre cette maladie est la vaccination. En 2019, les équipes MSF ont vacciné 361.079 enfants et assuré la prise en charge médicale de 14.785 patients.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril

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L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.

D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.

Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.

Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.

Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET 

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