Politique
Révision constitutionnelle : Le mouvement citoyen Filimbi s’oppose à l’initiative de Félix Tshisekedi
Alors que le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, ne cesse d’exprimer sa volonté de procéder à une révision constitutionnelle, cette démarche du garant de la nation est perçue d’un mauvais œil par plusieurs structures citoyennes congolaises ainsi que par des partis politiques de l’opposition.
Après le lancement de la campagne intitulée « Ne touchez pas à la constitution » par la plateforme Forum citoyen, c’est au tour du mouvement citoyen congolais Filimbi de marquer son opposition à toute modification de la loi fondamentale. Lors d’un point de presse tenu ce mardi 17 décembre à Goma, dans la province du Nord-Kivu, la coordination nationale du mouvement a fermement dénoncé cette initiative présidentielle, la qualifiant de « coup d’État masqué ».
« La constitution actuelle limite clairement les mandats présidentiels à deux. Toute tentative de la modifier, notamment à travers la création d’une commission ad hoc, constituerait un acte de subversion visant à orchestrer un coup d’État constitutionnel et institutionnel », a déclaré Christophe Muyisa, coordinateur national de Filimbi.
Il a ajouté que cette initiative va à l’encontre des priorités urgentes du peuple congolais et compromet l’avenir démocratique du pays.
« Dans un contexte marqué par des crises multiformes sécuritaires, politiques, humanitaires et socio-économiques , nous affirmons que ce débat autour de la révision constitutionnelle détourne l’attention des véritables urgences auxquelles la population congolaise attend des réponses concrètes », a-t-il martelé.
Le mouvement citoyen Filimbi a ainsi lancé un appel aux organisations de la société civile et aux forces politiques afin de se mobiliser contre toute tentative de modification de la constitution.
Pour rappel, lors de sa récente visite à Lubumbashi, le président Félix Tshisekedi avait réaffirmé sa détermination en déclarant que « personne ne le fera changer d’avis » concernant la révision constitutionnelle. Selon lui, la République démocratique du Congo ferait face à un danger extérieur soutenu par des complicités internes.
Franck Kaky
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
