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Résurgence des conflits communautaires dans le Grand Katanga : Le président du Cadre de concertation intercommunautaire appelle à des rencontres physiques pour favoriser la réconciliation
Dans le contexte de la montée des conflits communautaires entre les communautés kasaienne et katangaise dans le Grand Katanga, le président du Cadre de concertation intercommunautaire de Kasumbalesa prend la parole pour exprimer sa préoccupation.
Face à cette intolérance croissante, M. Bahati Biabuze Perpétue invite les communautés concernées à promouvoir la paix et à se concentrer sur la coexistence pacifique. « La situation entre la communauté kasaienne et katangaise est désastreuse et risque d’exploser dans un avenir proche. Il est essentiel que les deux parties comprennent que la paix prime avant toute chose et que le développement de notre région en dépend. Évitons toute manipulation politique au profit de qui que ce soit et préservons la coexistence pacifique », déclare le président du Cadre de concertation intercommunautaire.
Bahati Biabuze Perpétue préconise un dialogue franc entre les deux peuples de la province du Haut Katanga en général, et de la ville de Kasumbalesa en particulier, en organisant des rencontres physiques pour dissiper les malentendus entre les deux communautés. « Nous sommes prêts à mettre notre expertise à la disposition des deux communautés. Nous appelons les autorités à s’impliquer pour trouver des solutions appropriées. Des réunions, des séminaires, des activités sportives et des conférences doivent être organisés entre toutes les communautés à Kasumbalesa », conclut-il.
Joseph MALABA/Congoprofond.net
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
