Actualité
Rentrée scolaire effective dans la sous-division de Kirumba malgré les défis liés à l’insécurité
La rentrée des classes 2025-2026 a eu lieu ce lundi 1er septembre dans la sous-division scolaire de Kirumba, territoire de Lubero (Nord-Kivu). Élèves et enseignants étaient visibles aussi bien dans les écoles publiques que privées, conventionnées et non conventionnées, marquant ainsi un démarrage effectif de l’année scolaire.
Certaines écoles ont accueilli des enfants déplacés et retournés, conséquence directe de l’insécurité persistante dans le territoire. Un enseignant de l’école primaire de Mighobwe, interrogé par Congo Profond.net, a appelé les parents à inscrire rapidement leurs enfants :
« Ceux qui ont respecté les jours prévus pour les inscriptions ont pu bénéficier des places disponibles. »
Cependant, la situation n’est pas sans difficultés. Plusieurs établissements font déjà face à des classes pléthoriques, notamment au degré élémentaire. Certains directeurs ont dû limiter les inscriptions faute de places suffisantes, une réalité exacerbée par les déplacements massifs des populations fuyant les zones à risque.
Malgré ce contexte difficile, les parents ont accompagné leurs enfants à l’école pour ce premier jour, témoignant de leur volonté de privilégier l’éducation comme outil d’avenir, même dans un environnement marqué par l’instabilité sécuritaire.
Sadrack Bihamba
Actualité
Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
