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Rentrée scolaire 2026-2027 : Le SYECO dit NON à la reprise des cours et met le Gouvernement face à ses engagements
À quelques jours de la rentrée scolaire fixée au mardi 1er septembre 2026, le Syndicat des enseignants du Congo (Syeco) a décidé de ne pas reprendre les cours. Réunis en Assemblée générale à Kinshasa, les enseignants dénoncent l’absence de réponses concrètes à leurs principales revendications et regrettent le refus, selon eux, de la ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, d’ouvrir un dialogue avec leurs représentants.

Le ton monte à l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027. Le Syeco a annoncé un mouvement de grève à compter du mardi 1er septembre, date officielle de la reprise des cours sur l’ensemble du territoire national. Cette décision a été prise à l’issue de l’Assemblée générale tenue mercredi 26 août à Kinshasa.
Dans leur déclaration, les enseignants affiliés au Syeco réaffirment leur attachement à une école publique de qualité, accessible à tous et reposant sur une véritable valorisation du personnel enseignant. Ils saluent, dans le même temps, la volonté exprimée par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de voir une rentrée scolaire « apaisée, effective et inclusive ». Cette orientation avait été évoquée lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres.
Mais pour le Syeco, les déclarations ne suffisent plus. Le syndicat estime que plusieurs engagements et préoccupations majeures demeurent sans réponses concrètes. Il dénonce notamment ce qu’il qualifie de refus de dialogue de la part de la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, à la suite d’une demande d’audience introduite le 20 août 2026.
Les principales revendications des enseignants
Selon la secrétaire générale du Syeco, Cécile Tshiyombo, les revendications portent notamment sur la garantie d’une retraite digne et honorable des enseignants à travers la procédure de la CNSSAP, le maintien de la Mutuelle de santé (MSP) et le rejet de son remplacement par le Fonds solidaire de santé (FSS).
Le syndicat réclame également la prise en charge des enseignants NP et NU, la revalorisation du salaire de l’enseignant jusqu’à 500 dollars américains, ainsi que la révision du système de paiement avec, notamment, la création d’une banque unique pour la paie des enseignants.
Les inspecteurs figurent également parmi les catégories dont le Syeco réclame une meilleure prise en charge.
« Les enseignants membres du Syeco décident de la non-reprise de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue ce mardi 1er septembre 2026, sur toute l’étendue de la République », a déclaré Cécile Tshiyombo.
Elle a également appelé les parents à garder leurs enfants à la maison et estimé que le Gouvernement devrait assumer la responsabilité des conséquences de cette situation.
Les engagements présidentiels au cœur du bras de fer
Cette décision intervient alors que le président Félix-Antoine Tshisekedi avait demandé au Gouvernement de concrétiser les engagements pris envers les enseignants. Lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres, la Première ministre, cheffe du Gouvernement, avait été chargée de mettre en place un mécanisme de coordination, tandis que les ministres du Budget et des Finances, Adolphe Muzito et Doudou Fwamba, devaient être mobilisés pour apporter des réponses aux préoccupations exprimées par les enseignants.
À quelques jours de la rentrée, le Syeco déplore toutefois l’absence de signaux suffisamment rassurants.
Pendant que le syndicat réunissait ses membres en Assemblée générale, la ministre d’État Raïssa Malu Dinanga tenait de son côté une réunion avec les ministres provinciaux de l’Éducation autour des préparatifs de la rentrée scolaire, avec pour objectif d’assurer une reprise effective des cours.
Autre élément qui nourrit l’inquiétude des enseignants : la paie des salaires du mois d’août est déjà engagée, sans modification apparente des listings. Le Syeco constate notamment l’absence de revalorisation salariale et l’intégration toujours attendue des enseignants NP et NU dans le fichier de paie.
La parole du Chef de l’État sera-t-elle suivie d’effets ?
À quelques jours du retour des élèves en classe, le bras de fer entre le Gouvernement et une partie du banc syndical place donc l’école congolaise devant une nouvelle incertitude.
La question désormais posée est de savoir si les engagements annoncés par le Chef de l’État seront effectivement traduits en mesures concrètes avant la rentrée.
Malgré la décision de grève, le Syeco affirme rester disponible pour toute concertation susceptible d’apporter des réponses aux revendications des enseignants. Pour le syndicat, l’avenir de l’école congolaise passe nécessairement par une meilleure considération de ceux qui en constituent l’un des principaux piliers : les enseignants.
Jules Kisema Kinkatu / CONGOPROFOND.NET