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Remaniement stratégique à la tête des institutions publiques : F. Tshisekedi signe une nouvelle série de nominations ( Liste complète)

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Par une salve d’ordonnances présidentielles rendues publiques ce mercredi 23 juillet 2025, le président de la République, Félix Tshisekedi, a procédé à une vaste série de nominations à la tête de plusieurs établissements publics, institutions financières, services spécialisés de la présidence et agences étatiques. Ces décisions s’inscrivent dans un contexte de redynamisation de l’appareil étatique, à quelques mois de la mise en œuvre du nouveau plan quinquennal.

Des figures connues, des retours remarqués

Parmi les nominations les plus emblématiques, celle de Malangu Kabedi Mbuyi, ancienne gouverneure de la Banque Centrale du Congo (BCC), qui prend la présidence du Conseil d’administration de CADECO S.A, institution stratégique dans la gestion des créances commerciales de l’État. Elle y travaillera aux côtés de Célestin Mukeba, nommé directeur général, et Christian Luvueso, promu directeur général adjoint.

Dans la foulée, André Wameso, jusque-là directeur de cabinet adjoint du chef de l’État, est propulsé à la tête de la Banque Centrale du Congo, en tant que gouverneur. Il remplace officiellement Malangu Kabedi Mbuyi, amorçant ainsi un passage de témoin symbolique.

Présidence : Renfort dans les services stratégiques

Au sein des services personnels du chef de l’État, Roger Kalenga est désigné porte-parole adjoint, tandis que Médi Vedoso est nommé chargé des missions en charge des analyses stratégiques. Ce dernier, pasteur à l’église Philadelphie, serait aussi beau-fils du pasteur Roland Dalo, numéro 1 de la même église.

Le cabinet présidentiel enregistre également l’arrivée de André Nyembwe comme directeur de cabinet adjoint, succédant à André Wameso.

Mobilisation autour de l’aménagement du territoire et des ressources

Le domaine de l’aménagement du territoire bénéficie d’un sérieux renforcement avec la nomination de :

À l’ANAT (Agence nationale d’aménagement du territoire) :

– PCA : Pierre-Parfait Bofote

– DG : Carine Onyemba

– DGA : Jean-Paul Nyembo

Au FONAT (Fonds national d’aménagement du territoire) :

– PCA : Camille Kalele

– DG : Jeanne Libote

– DGA : Moïse Musule

La régulation du marché du carbone, en pleine expansion, se structure également avec la mise en place de l’Autorité de régulation dirigée par :

– PCA : Jacques Célestin Moliba

– DG : Guy Nsimba

– DGA : Fifi Likunde

De nouveaux visages dans les secteurs financiers et culturels

Le Fonds de promotion de l’industrie (FPI), poumon financier du développement industriel, accueille :

– PCA : Vicky Katumwa

– DG : Hervé Claude Ntumba

– DGA : Blaise Mastaki

Dans le secteur culturel, l’Institut des Musées du Congo est désormais dirigé par :

– PCA : Prince Kokola

– DG : Simon Nsiala

– DGA : Juliette Mugole

Autres nominations notables :

CNSS (Conseil d’administration) :

– Huguette Samu devient membre du Conseil.

CORE S.A (Congo Ressources) :

– PCA : Léon Kankolongo

– DG : Alda Kule

– DGA : Sébastien Impeto

Fonds d’intervention pour l’environnement :

– PCA : Cedrick Ngindu

– DG : Manassé Ngandi

– DGA : Anthony Ndala

Fonds de développement du service universel :

– PCA : Adolphe Kalonda

– DG : Paterne Binene

– DGA : Lepas Marie-Laure

Notons que ces nominations traduisent une volonté présidentielle de repositionner les institutions clés avec des profils technocrates, parfois expérimentés, parfois émergents. Entre renouvellement et fidélité politique, cette vague de nominations augure une nouvelle dynamique dans la gestion publique congolaise. Reste à savoir si ces promus sauront incarner la rigueur, la transparence et l’efficacité tant attendues par la population.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

 

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Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité

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Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.

Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante

Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.

Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.

Les failles du système judiciaire actuel

Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.

La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.

Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.

Les conditions d’une justice crédible

Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.

Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.

Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.

Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.

Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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