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Référendum et changement de Constitution : “Le peuple de l’Est n’est pas suffisamment préparé” (Me Achille Kapanga)

La proposition de loi portant organisation d’un référendum en vue d’un éventuel changement de la Constitution a été déclarée recevable à l’Assemblée nationale lors de la plénière du mercredi 27 mai, en l’absence des députés de l’opposition. Une première étape vient ainsi d’être franchie dans le processus visant à consulter la population sur cette question sensible.

Cependant, cette initiative suscite déjà des réactions dans l’opinion, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour Me Achille Kapanga, notable du Nord-Kivu et ancien maire de Beni, les populations de cette partie du pays ne sont pas suffisamment préparées à un tel exercice démocratique, en raison des nombreuses crises auxquelles elles font face, notamment l’insécurité persistante et la résurgence de la maladie à virus Ebola.

« Tout ce que nous avons comme problèmes : l’insécurité au Nord-Kivu, Ebola, la question du M23… Comment pourrons-nous aller au référendum dans de telles conditions ? N’y a-t-il pas moyen de réfléchir d’abord à la manière de nous mettre dans des conditions minimales avant d’envisager un référendum ? Le peuple qui doit participer à ce processus doit être préparé. À mon avis, surtout dans cette partie Est du pays, la population n’est pas prête », a déclaré Me Achille Kapanga.

L’ancien maire de Beni craint que les citoyens soient appelés à se prononcer sans réellement comprendre les enjeux de la consultation référendaire. Bien qu’il affirme soutenir toute initiative allant dans le sens de l’intérêt supérieur de la République, il estime que les priorités actuelles devraient plutôt porter sur le rétablissement de la paix et des conditions sociales minimales pour les populations affectées par les conflits.

Selon lui, le gouvernement devrait concentrer ses efforts sur la restauration de la sécurité et la garantie des droits fondamentaux des citoyens avant d’engager une réforme constitutionnelle susceptible de créer davantage de tensions sociales et politiques.

Cette prise de position intervient alors que l’opposition congolaise projette une série de manifestations et des journées « ville morte » à travers le pays. La première mobilisation est annoncée pour le mercredi 3 juin 2026 afin de protester contre le projet de changement de la Constitution que l’Union sacrée entend initier par voie référendaire.

Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET