Analyses et points de vue
Rebaptiser le stade Tata Raphaël « Ali-Foreman » : une insulte à la mémoire nationale (Tribune de Régis Ngudie)
L’annonce de la volonté de rebaptiser le stade Tata Raphaël en “stade Ali-Foreman” a de quoi choquer plus d’un Congolais. Car derrière ce nom se cache une mémoire, une histoire et une gratitude que nul ne devrait effacer.
Construit dans les années 1950, le stade de Kalamu n’est pas qu’une enceinte sportive. Il est le fruit du génie et du dévouement du Père Raphaël de la Kethulle de Ryhove, missionnaire belge et grand bâtisseur, qui voua sa vie à l’éducation, au sport et à la jeunesse congolaise. En le baptisant « Tata Raphaël », le peuple reconnaissait un père, un éducateur, un visionnaire.
Certes, le combat du siècle qui opposa Mohamed Ali à George Foreman en 1974 demeure un moment historique. Ce fut un événement mondial, une vitrine de l’Afrique et une fierté pour Kinshasa. Mais ce combat, aussi glorieux soit-il, ne dura qu’une nuit. Il n’a pas bâti le stade. Il n’a pas formé nos jeunes. Il n’a pas porté les espoirs d’un peuple.
Rebaptiser ce lieu mythique « Ali-Foreman » revient donc à effacer la mémoire de son fondateur et à réduire notre patrimoine à un souvenir étranger. C’est oublier que le sport congolais a eu ses pionniers, ses éducateurs, ses bâtisseurs. C’est refuser de reconnaître que notre histoire mérite d’être racontée par nos propres symboles.
Mohamed Ali et George Foreman sont des légendes mondiales, mais leur gloire ne doit pas se substituer à celle de nos héros du quotidien. Le Congo n’a pas besoin d’importer des noms pour exister. Il a besoin de se souvenir de ceux qui ont cru en lui quand il n’était encore qu’une promesse.
Le stade Tata Raphaël n’est pas seulement un bâtiment : c’est un héritage moral. Le rebaptiser, c’est blesser la mémoire du peuple congolais et tourner le dos à un pan entier de notre identité.
Préservons donc ce nom, non par nostalgie, mais par fidélité. Car effacer un nom, c’est effacer un visage, et le visage de Tata Raphaël reste celui de la mémoire et de la dignité du Congo.
Régis MBUYI NGUDIE
(Philosophie-Journaliste-penseur libre et consultant en communication)
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
