Connect with us

À la Une

RDC–Union Européenne : Un dialogue de partenariat marqué par des attentes fortes, des engagements renouvelés et un appel à la cohérence

Published

on

La République démocratique du Congo et l’Union européenne ont tenu ce jeudi la première session officielle du Dialogue de partenariat prévu par l’Accord de Samoa. Une rencontre de haut niveau, présidée par la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, en présence du Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba, représentant la Première ministre empêchée, et de Nicolas Berlanga-Martinez, ambassadeur et chef de délégation de l’Union européenne en RDC.

Cette session intervenait dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible, alors que l’Est de la RDC demeure sous tension, avec la poursuite de l’agression menée par l’armée rwandaise sous le couvert du M23.

Thérèse Kayikwamba appelle à un partenariat “équitable, ambitieux et centré sur les populations”

Ouvrant les travaux, la ministre des Affaires étrangères a salué un cadre de dialogue “franc, constructif et orienté vers des résultats concrets”. Elle a rappelé les cinq axes prioritaires au cœur des discussions :

– paix et sécurité,

– réglementations européennes et matières premières critiques,

– environnement et changement climatique,

– stratégie européenne Global Gateway,

– réciprocité en matière migratoire.

Thérèse Kayikwamba a insisté sur la nécessité d’un partenariat “plus équilibré”, aligné sur les priorités nationales et respectueux des intérêts stratégiques de chaque partie.

Jean-Pierre Bemba : “Un partenariat stratégique ne peut ignorer l’agression dont la RDC est victime”

Dans un discours offensif et très politique, le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba a rappelé la gravité de la situation sécuritaire à l’Est, évoquant l’occupation de territoires du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, ainsi que des villes de Goma et Bukavu par l’armée rwandaise : “Cette agression menace directement la stabilité de notre région. Nous demeurons attachés à la recherche de solutions régionales, mais dans le respect absolu de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale.”

M. Bemba a salué les contributions humanitaires de l’Union européenne, notamment les 900 millions d’euros annoncés lors de la conférence de Paris, mais a aussi pointé des incohérences persistantes dans la diplomatie européenne : “L’effort humanitaire ne trouve pas toujours son pendant dans une urgence politique équivalente pour traiter les causes du conflit.”

Il a cité en exemple le mémorandum d’entente entre l’UE et le Rwanda, appelant à une clarification de sa cohérence avec les valeurs européennes.

Sur le plan économique, le Vice-Premier ministre a plaidé pour :

– une industrialisation fondée sur la transformation locale des minerais stratégiques,

– un appui européen coordonné à la réforme du secteur de sécurité,

– un partenariat renforcé pour la transition verte,

– une amélioration du climat des affaires, permettant d’attirer davantage d’investissements privés européens.

Il a enfin appelé à une coopération migratoire fondée sur la “dignité humaine” et la “responsabilité partagée”, dans un contexte marqué par la montée de politiques migratoires restrictives en Europe.

L’Union Européenne : soutien réaffirmé, mais attentes sur les réformes

Au nom des États membres, l’ambassadeur Nicolas Berlanga-Martinez a salué l’organisation du dialogue et rendu hommage aux victimes congolaises des conflits de l’Est.

Il a réaffirmé que la RDC est un “partenaire singulier” pour l’Europe, non seulement pour ses ressources, mais aussi pour ses liens culturels et humains : “Nos jeunes s’identifient à la même culture, la même musique, les mêmes grandes manifestations sportives.”

L’Union européenne a souligné :

– son rôle de premier bailleur humanitaire en RDC en 2025,

– les investissements croissants liés au Global Gateway,

– l’importance d’un environnement favorable aux entreprises, soulignant que les firmes européennes doivent respecter des normes strictes de transparence et de durabilité.

Sur le plan politique, le diplomate européen a insisté sur la défense des valeurs démocratiques et a évoqué explicitement la question de la peine de mort, souhaitant voir la RDC rejoindre les pays qui l’ont définitivement abolie.

Il a aussi encouragé Kinshasa à participer “au plus haut niveau” au prochain Sommet Union Africaine–Union Européenne prévu à Luanda les 24 et 25 novembre.

Vers une coopération rénovée et un mécanisme conjoint de suivi

Au terme de la session, les deux parties ont réaffirmé leur volonté d’avancer vers un partenariat “transparent, mesurable et orienté vers des résultats”, conformément à l’article 3 de l’Accord de Samoa.

Kinshasa souhaite la mise en place d’un tableau de bord partagé, assorti d’engagements concrets et d’un suivi renforcé.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

À la Une

395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades

Published

on

La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.

Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).

Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet

Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.

Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.

« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.

Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.

Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.

« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.

Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.

Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.

« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.

Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.

Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.

« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.

Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.

« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.

Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

Continue Reading