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RDC : Tshisekedi veut une rentrée scolaire apaisée, Muzito et Doudou Fwamba appelés à honorer les engagements envers les enseignants

À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, veut voir les écoles rouvrir dans un climat de paix et de sérénité. Lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 14 août 2026 à Kinshasa, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une rentrée « effective, apaisée et inclusive » sur l’ensemble du territoire national.

Préserver la paix sociale dans le secteur éducatif

Dans sa communication, Félix Tshisekedi a mis l’accent sur la préservation de la paix sociale dans le secteur de l’éducation et sur le respect des engagements pris par l’État à l’égard des partenaires sociaux.

Le Président de la République a notamment appelé au dialogue avec les organisations syndicales des enseignants. Les ministres du Budget et des Finances ont, pour leur part, été instruits de veiller à l’exécution diligente des engagements gouvernementaux afin de prévenir toute tension susceptible de perturber la rentrée scolaire.

Le Chef de l’État a également chargé la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, de coordonner un dispositif spécial de préparation de la rentrée scolaire 2026-2027.

Une attention particulière devra être accordée aux enfants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu affectés par les conflits, ainsi qu’aux enfants déplacés ou privés d’un accès régulier à l’école.

Raïssa Malu appelée à intensifier le dialogue

Selon le compte rendu présenté par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a été instruite d’intensifier le dialogue avec les enseignants et les différents partenaires sociaux.

Cette orientation intervient alors que la question des engagements pris par le Gouvernement envers les enseignants demeure au centre des préoccupations syndicales.

Les revendications des enseignants

Dans un document rendu public pour annoncer leur position sur la rentrée scolaire prévue le 1er septembre 2026, la Synergie des syndicats des enseignants du Congo met notamment en avant plusieurs revendications.

Il s’agit notamment de l’instauration d’un salaire minimum équivalent à 500 dollars américains pour chaque enseignant, de la prise en charge des enseignants non payés (NP) et nouvelles unités (NU), d’une retraite honorable, de l’obtention d’un statut particulier pour les enseignants, de la valorisation de la fonction d’inspecteur ainsi que de l’octroi du statut de fonctionnaire de l’État.

Ces revendications représentent toutefois un enjeu financier considérable pour le Trésor public, dans un contexte marqué par d’importantes contraintes budgétaires et des dépenses liées notamment à la sécurité nationale.

Près de 6 milliards USD de dépenses prévues au troisième trimestre

Dans le cadre du Plan d’engagement budgétaire (PEB), le Gouvernement prévoit d’engager 13 538,6 milliards de francs congolais, soit près de 5,97 milliards de dollars américains, au cours du troisième trimestre 2026, couvrant la période du 1er juillet au 30 septembre.

Selon des informations rapportées par Zoom Eco, le secteur de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté bénéficierait d’une enveloppe de 1 324,3 milliards de francs congolais, équivalant à environ 583 millions de dollars américains.

Cette allocation figure parmi les plus importantes prévues pour les secteurs sociaux au cours de cette période.

Le Budget face à ses responsabilités

À l’heure où le Chef de l’État exige une rentrée scolaire effective, apaisée et inclusive, l’exécution des engagements financiers pris envers les enseignants apparaît comme l’un des principaux défis à relever.

Le ministre du Budget est ainsi appelé à traduire dans les faits les prévisions du Plan d’engagement budgétaire, afin de permettre au Gouvernement de respecter ses engagements vis-à-vis des enseignants et de réduire les risques de tensions sociales à la veille de la rentrée.

L’enjeu dépasse désormais la seule question de la reprise des cours : il s’agit de garantir aux millions d’élèves congolais une rentrée scolaire dans les meilleures conditions possibles, tout en apportant des réponses concrètes aux revendications du personnel enseignant.

Jules Kisema Kinkatu / CONGOPROFOND.NET