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Analyses et points de vue

RDC–Rwanda : Pour le député Simon Mulamba, la signature de l’accord de paix marque un tournant décisif pour la stabilité

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Le député national élu du territoire de Tshikapa, dans la province du Kasaï, Maître Simon Mulamba Mputu, salue la signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, intervenue le jeudi 4 décembre à Washington, aux États-Unis.

Dans une déclaration parvenue à congoprofond.net, l’élu de l’Union sacrée de la Nation qualifie cet accord « d’avancée diplomatique majeure ».

« Cet accord représente une avancée diplomatique majeure et un tournant décisif pour la stabilité et la sécurité de la République démocratique du Congo. Le leadership visionnaire du Chef de l’État continue de placer la paix et l’intérêt supérieur de la Nation au cœur des priorités nationales », a déclaré le président national du parti CODEP.

Maître Simon Mulamba a également salué la détermination du Président de la République à promouvoir un climat de coopération régionale, à renforcer la cohésion nationale et à ouvrir de nouvelles perspectives de développement pour l’ensemble du peuple congolais.

Il réitère, à cette occasion, son soutien aux efforts du Président Félix Tshisekedi pour l’édification d’un Congo apaisé, uni et résolument tourné vers le progrès.

La Nation accueille, selon lui, ce moment historique avec espoir.

Pour rappel, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a signé jeudi 4 décembre un accord de paix avec son homologue rwandais Paul Kagame, visant notamment à restaurer durablement la paix dans l’Est de la RDC.

Faustin Nkumbi

Analyses et points de vue

Libérations de prisonniers en RDC : pourquoi Kigali joue sa survie politique dans l’ombre de l’accord de Montreux

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L’accord signé ce 18 avril 2026 à Montreux, en Suisse, entre le gouvernement de la RDC et la rébellion de l’AFC/M23, prévoyant la libération de 477 prisonniers sous dix jours, est présenté comme une avancée humanitaire majeure. Mais derrière ce geste d’apaisement, se cache un objectif bien plus vital pour Kigali.

Pour le Rwanda, via son bras armé, le RDF/M23, obtenir la libération des agents qu’il a méthodiquement infiltrés au sein des institutions congolaises est devenu une question de vie ou de mort. La figure emblématique d’Édouard Mwangachuchu, ce député national condamné à mort pour trahison, participation à un mouvement insurrectionnel et espionnage pour le compte de Kigali, n’est que la partie émergée d’un immense iceberg.

Ce réseau d’infiltrés, tissé sur des décennies, constitue le système nerveux de l’influence rwandaise en RDC. Leur maintien en détention expose Kigali à un péril stratégique majeur : des procès publics détaillant les mécanismes de cette ingérence, menaçant de faire s’effondrer le récit officiel d’une simple “menace FDLR” pour révéler au grand jour une entreprise de déstabilisation et de prédation économique systématique.

L’ampleur de l’infiltration rwandaise, minutieusement documentée par des rapports successifs des experts de l’ONU, donne la mesure de l’enjeu. Le Rwanda ne se contente pas de soutenir militairement le M23 avec 6 000 à 7 000 de ses propres soldats. Il a déployé une stratégie bien plus insidieuse : celle du cheval de Troie, en plaçant des agents jusque dans la police de la rébellion, dans les rangs de l’armée congolaise (FARDC) et au sein même de la classe politique.

Chaque officier supérieur arrêté, chaque personnalité politique démasquée, est un maillon d’une chaîne qui, si elle est exposée, peut mener directement à Kigali. La libération de ces prisonniers n’est donc pas une simple monnaie d’échange dans les négociations. C’est une course contre la montre pour étouffer des révélations potentiellement dévastatrices et pour récupérer des actifs clés.

Les maintenir en prison, c’est laisser aux autorités congolaises et à la communauté internationale le temps et les moyens de démanteler l’architecture même du soft power et du hard power rwandais dans l’Est de la RDC. Ainsi, la “question humanitaire” des prisonniers est un cheval de bataille cyniquement exploité par Kigali pour préserver son avantage stratégique le plus précieux : son réseau d’influence clandestin.

Pour le régime de Paul Kagame, qui a construit sa stabilité interne et son ascension régionale sur le contrôle des ressources et des dynamiques sécuritaires de l’Est congolais, perdre ce réseau est une menace existentielle. La libération de Mwangachuchu et de ses pairs ne sauverait pas seulement des individus ; elle protégerait des décennies d’investissement politique et militaire, empêchant la mise en lumière complète de la responsabilité rwandaise dans les tragédies qui endeuillent la région.

Pour Kinshasa, l’enjeu est tout aussi capital. Accepter de libérer ces prisonniers sous la simple bannière d’un “geste de confiance” reviendrait à amnistier l’infiltration de son propre État et à compromettre sa souveraineté pour longtemps. La bataille pour la libération des prisonniers est donc, en réalité, la bataille pour la vérité et pour l’avenir de l’influence régionale. C’est un duel feutré où ce qui se joue réellement, c’est la survie d’un système d’ingérence dont dépend la puissance régionale du Rwanda.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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