À la Une
RDC–Rwanda: Déjà vu. Un autre sparadrap ? ( Tribune de Jo M. Sekimonyo/Économiste politique et théoricien )
L’accord de paix signé à Washington le 4 décembre 2025, présenté comme un tournant historique, réactive en réalité les spectres d’un passé jamais résolu. Derrière la mise en scène diplomatique, le Congo s’enfonce dans un cycle répétitif où les mêmes acteurs, les mêmes logiques identitaires et les mêmes illusions économiques produisent inlassablement les mêmes crises. Entre rivalités personnelles, fragilité institutionnelle, opacité juridique et mépris des causes socioéconomiques du conflit, la nation s’expose à un nouvel engrenage de ressentiments et de violences. Tant que la RDC se contentera de négocier la paix sans assainir l’écosystème politique et économique qui fabrique la guerre, chaque accord ne sera qu’un répit fragile, promis à se décomposer avant même d’avoir produit ses effets.
Ci-dessous l’intégralité de la Tribune de Jo M. Sekimonyo
Un accord qui installe le malaise
L’accord de paix présenté à Washington le 4 décembre 2025 installe d’emblée un malaise silencieux au sein de l’opinion congolaise. Beaucoup s’interrogent, presque à voix basse, sur la nature réelle de ce moment qui oscille entre réédition historique, obstination politique et répétition mécanique des mêmes erreurs. Au lieu d’un acte souverain mûri par une réflexion nationale, la scène apparaît comme un rituel diplomatique entièrement scénarisé.
La délégation congolaise, si volumineuse qu’elle se dissout dans le décor, semble moins une équipe négociatrice qu’une troupe chargée d’alimenter en continu le spectacle destiné aux réseaux sociaux. Gestes, déclarations, vidéos : le Président apparaît entouré, mais paradoxalement isolé, comme conscient de la fragilité de l’acte qu’il pose. Son visage ne renvoie ni triomphe ni assurance, mais la lourde hésitation d’un pouvoir dont la nation connaît trop bien les promesses sans lendemain.
Le retour d’un cycle jamais brisé
Ce prétendu tournant n’est en réalité que la répétition d’un épisode que l’on feint d’oublier. En 2002, Kabila et Kagame signent déjà un accord sous l’œil de George W. Bush ; dès le lendemain, la guerre se recompose. RCD-Goma, CNDP, puis M23 en 2012 : les mêmes motifs sécuritaires fabriqués à Kigali réapparaissent.
Autour gravitent les FDLR, RUD-Urunana, le P5 et une constellation de groupes armés qui perpétuent un système de conflits par procuration où le Rwanda joue simultanément arbitre et bénéficiaire. La seule accalmie véritable fut imposée au M23 par la brigade tanzanienne. Mais la matrice de la violence est restée intacte, toujours prête à se réactiver.
Une crise réduite à des rivalités personnelles
La région demeure un terrain de stratégies indirectes et de nuisances économiques. Mais comment a-t-on pu revenir à l’audace de transformer encore la RDC en champ d’abattage ? Aujourd’hui, la guerre se résume à une querelle personnelle opposant Tshisekedi à Kagame ou, selon les saisons, à Kabila, tandis que les enjeux nationaux disparaissent derrière des rivalités individuelles.
Naanga, Katumbi et Fayulu, en décrivant la crise comme une vendetta interne, révèlent le dérèglement profond d’un système où les hommes se disputent le pouvoir comme une propriété privée. Pendant ce temps, les Congolais meurent, toujours sous les mêmes couteaux.
La Boîte de Pandore : un État morcelé
L’un des angles morts les plus déterminants réside dans la manière dont Tshisekedi conçoit la nation et son parti. En refusant de rompre avec les logiques identitaires qui rongent l’État, il gouverne comme si la RDC n’était qu’un empilement de communautés à équilibrer ou instrumentaliser. Chaque acte devient un arbitrage tribal, non une décision d’État.
Simultanément, son parti devient un instrument de conquête du pouvoir : faveurs, loyautés, allégeances. Cette double approche ( ethnocratique pour la nation, patrimoniale pour la politique ) dissout toute idée de corps collectif et fragilise la cohésion.
L’illusion économique et ses morts
S’y ajoute une erreur idéologique majeure. Dès le début du mandat, Fortunat Biselele affirmait que la priorité du pays devait être l’attraction du « capital financier », comme si cet afflux pouvait fonder la reconstruction nationale. Cette vision réduite légitima un rapprochement tacite avec Kagame, supposé rassurer les bailleurs.
Aucun capital n’est venu, aucune confiance n’a été gagnée. Cette orientation a coûté des milliers de vies congolaises et englouti nos maigres ressources dans une guerre stérile. La RDC espérait les investisseurs ; elle a récolté le sang, la ruine et la désillusion.
L’obsession d’être “moins pire” que Kabila
Tshisekedi a surtout cherché à se démarquer de Joseph Kabila, mais en voulant apparaître « moins pire », il s’est enfermé dans une gouvernance d’effacement. Crises oubliées au lieu d’être corrigées, fautes relativisées au lieu d’être assumées : la politique s’est transformée en compétition pour être « un peu moins détesté » que son prédécesseur.
Cette logique du moindre mal produit une gouvernance pâle, hésitante, incapable de rompre avec le socle pathologique qu’elle prétend dépasser.
Le non-dit juridique qui fragilise l’accord
La question de la légalité de l’accord plane. Un président peut négocier, mais ne peut engager la nation dans un traité sans l’aval du Parlement. À Washington, ce principe semble avoir été traité comme une formalité. L’opacité des clauses sécuritaires et économiques renforce l’impression d’un acte posé hors du cadre constitutionnel.
Plus inquiétante encore est la dynamique profonde faite d’humiliations économiques accumulées et de désirs de revanche. Tout accord imposé ou accepté sous contrainte porte les germes de futurs ressentiments.
De 2002 à 2025 : un cycle de plus en plus dangereux
En 2002, l’espoir existait encore. En 2025, la fatigue sociale est immense et l’État, bien que réel, est fragile. Imposer un accord flou revient à fabriquer du ressentiment durable. Une population qui a tout perdu transforme les promesses en colère.
Pire encore : la paranoïa s’installe comme méthode de gouvernance. Obsessed sécuritaire, personnalisation extrême de l’État, confusion entre critique et menace : un terrain fertile pour de nouveaux conflits.
Le choix suicidaire de l’inertie nationale
Le Plan Sekimonyo, proposé il y a plus d’une décennie comme un plan Marshall pour l’Est, visait à traiter la région comme laboratoire national de stabilité. Ignoré par les élites, il a été sacrifié comme d’autres réformes nécessaires, notamment la bataille contre l’inconstitutionnalité de la loi électorale.
La RDC porte la démocratie dans son nom mais rarement dans son fonctionnement. La paix ne se trouve ni dans le partage de postes entre élites et groupes armés, ni dans des négociations feutrées à Washington ou Doha.
La racine de la crise est socioéconomique : pauvreté endémique, sous-développement structurel, absence de vision publique. Tant que ces réalités sont masquées par des récits sécuritaires, chaque crise se rejoue à l’identique.
Une paix impossible sans assainissement profond
Le véritable problème est que nous courons derrière une paix durable sans rendre la guerre impossible. L’accord de Washington n’est pas l’enjeu central ; le problème réside dans l’écosystème qui l’absorbe : manipulation, peur, impunité, ethnocratie.
Dans un sol ainsi empoisonné, la paix n’est qu’une trêve, une illusion. La question n’est plus de savoir si cet accord échouera, mais combien de temps il mettra avant de se décomposer.
Jo M. Sekimonyo, PhD
Économiste politique, théoricien, militant des droits humains
Chancelier de l’Université Lumumba
À la Une
Butembo: 51 candidats prennent part au concours d’admission à l’école de police
Le concours d’admission au sein de la Police nationale congolaise (PNC), s’est déroulé ce dimanche 18 janvier 2026 sur toute l’étendue de la province du Nord-Kivu.A Butembo c’est l’anceinte de l’Université de l’Assomption au Congo (UAC), qui a servi de cadre à ce test , et 51 candidats y prennent part vant le le deuxième test et celui médical pour être être retenu pour l’école de police, a fait savoir le commissaire supérieur principal Benda Mukato, directeur de l’école de police de Mugunga, venu de Beni pour sepurviser cette passation.
« Nous passons le test, les copies vont à Kinshasa, on va corriger et on va retenir les noms puis ils vont passe le test médical et ceux qui vont réussir, ils seront enregistrés et envoyer dans les centres de formation.Ceux-ci avaient envoyé leurs dossiers selon les critères demandés.Alors, on a examiné les dossiers et 51 dossiers on été retenus pour ici.Ces 51 vont passer le test et enfin medical pour prendre enfin, ceux qui seront retenus pour l’école de police », a-t-il déclaré.
Après le lancement de ce test, quelques candidats sont sorties des salles très serein de la réussite, car ils disent le concours a été passable. C’est le cas de Mademoiselle Kavira Noelle auparavant et M.Mbiya Mwanza Héritier.Ils évoquent également leur motivation de servir au sein de la police par le patriotisme et appellent les autres à leur emboîter les pas.
« Le concours s’est bien passé.Je suis une femme et je n’ai pas peur de travailler dans la police.Je vais apporter ma contribution à la protection de mon pays.On on nous posé des petites questions comme sur les lacs de la RDC, en bref la culture générale et je pense avoir bien répondu et j’espère à la réussite.Suis motivé par l’amour de servir ma patrie et que les jeunes viennent se joindre à nous », ont-ils indiqué.
Ce concours qui s’est déroulé dans le calme et sans incidents arrivent après quelques mois du lancement de recrutement des candidats à la police en province du Nord-Kivu.Selon l’esprit du communiqué de recrutement, les personnes ayant l’âge de 18 à 35 ans , dans le but de rajeunir les effectifs au sein de la PNC.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
