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RDC : qui contrôle le serveur central de la CENI? La société civile s’interroge…
Les organisations membres du réseau de surveillance citoyenne des élections » Tous Electeurs – Tous Observateurs » sont profondément
préoccupées par la création d’une opacité autour du dépouillement et de la transmission des résultats du scrutin du 30 décembre 2018 au
serveur central de la Commission Electorale Nationale Indépendante
(CENI), à Kinshasa. Le réseau en appelle la CENI à plus de
transparence, en facilitant le travail des témoins, observateurs et
journalistes dont le rôle clé de surveillance du processus électoral
garantit l’intégrité du vote.
Il revient que contrairement aux déclarations de la CENI, des résultats des trois scrutins aient été transmis, par voie
électronique, vers son serveur central, immédiatement après le
dépouillement. L’accès à l’Internet n’a été coupé qu’après ladite
opération, effectuée à l’aide des cartes SIM acquises auprès des
sociétés de communication Orange, Airtel, Vodacom et Africel, selon des instructions données au cours de la formation des techniciens
assurée par l’entreprise sud-coréenne MIRU System Co Ltd.
Le réseau Tous Electeurs – Tous Observateurs relève que lors de la
transmission des résultats au serveur central, des témoins,
observateurs et journalistes ont été écartés du processus, dans plusieurs circonscriptions électorales. Par exemple :
1. Des observateurs ont été molestés par les forces de sécurités,
à Kinshasa et Mbuji-Mayi ;
2. Des observateurs et des témoins des partis politiques ont été
chassés des bureaux de vote de Kinshasa, Lubumbashi, Kindu, Walungu,
Bandundu Ville et Mbandaka ;
3. Des témoins des partis politiques ont été chassés et tabassés
à Malemba et Manono ;
4. Des témoins et observateurs de la société civile ont été
arrêtés à Bukavu ;
5. Enfin, la majorité des bureaux de vote avait refusé de remettre des copies des Procès-Verbaux aux témoins.
Et pourtant, afin de rassurer les citoyens de la véracité de la
désignation des dirigeants de leurs choix, le législateur de la
République Démocratique du Congo (RDC) a voulu que : (i) les
procès-verbaux des votes ainsi que les fiches des compilations des
circonscriptions de vote soient contresignés par les membres des
bureaux et les témoins (art.61, 66 et 70) ; (ii) le dépouillement se
fasse devant des témoins, observateurs, journalistes et cinq électeurs désignés (art.62) ; et (iii) conformément à l’article 69 des mesures
d’application de la loi électorale qui veut que les fiches des
résultats soient transmises au siège de la CENI, telles que
contresignées au bureau de vote.
Le réseau de surveillance citoyenne sonne l’alerte sur le risque de
modification des résultats, lors de la transmission ou à l’arrivée au serveur central, loin des témoins, observateurs et journalistes. En
plus, il craint que la CENI n’organise délibérément des opérations de
dépouillement et compilation des résultats en dehors des conditions de
transparence, afin de donner une occasion de les annuler, au
Gouvernement du Front commun pour le Congo (FCC) qui ne veut pas
quitter le pouvoir. Au fait, à son article 62, dernier alinéa, la loi électorale en vigueur dit en substance que l’absence des témoins, observateurs et journalistes provoquée de manière intentionnelle et en violation des dispositions de la loi électorale, soit un motif valable d’invalidation du scrutin.
Par voie de conséquence, le réseau recommande :
– A la CENI, de prendre toutes les dispositions qui
s’imposent, afin de faciliter aux témoins, observateurs et
journalistes de savoir ce qui se passe au serveur qui a déjà reçu des
résultats des centres de compilation ;
– A la CENI de s’ouvrir aux observateurs et témoins des
partis politiques qui peuvent certifier que les résultats issus du
serveur central correspondent effectivement à ceux obtenus par le
comptage manuel des différentes missions d’observation électorale.
– Et au Procureur Général près la Cour de Cassation d’ouvrir
une enquête judiciaire sur des informations récurrentes sur
l’éloignement intentionnel des témoins, observateurs et journalistes du processus électoral.
Fait à Kinshasa, Lubumbashi et Bukavu, le 03 janvier 2019.
Madame MAWANZO Espérance, pour l’Observatoire de la Parité (OP) ;
Maître TSHISWAKA Hubert, pour l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) ;
Professeur NDAYWEL Isidore, pour le Comité Laïc de Coordination (CLC) ;
Maître KAPIAMBA Georges, pour l’Association Congolaise pour l’Accès à
la Justice (ACAJ) ;
Monsieur TSHOMBELA Jonas, pour la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC).
CONGOPROFOND.NET
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
