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RDC : quand nos numéros circulent sans contrôle, que dit la loi ?
À Kinshasa, il est fréquent de recevoir des appels ou messages provenant d’un mystérieux « mami yata » ou encore d’un service commercial fictif annonçant un gain. Offres commerciales non sollicitées, tentatives d’escroquerie, ou encore diffusion de photos sans autorisation : de nombreux Congolais sont confrontés, souvent sans le savoir, à des atteintes à leurs données personnelles.
Derrière ces situations du quotidien se cache une réalité encore peu connue : nos données personnelles circulent, souvent sans notre consentement.
Pourtant, la loi congolaise ne reste pas silencieuse sur cette question. L’Ordonnance-loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique encadre la collecte, l’utilisation ainsi que la transmission des données personnelles. En principe, aucune information concernant une personne ne peut être utilisée sans son consentement préalable. L’article 198 précise à ce sujet que « le responsable du traitement transmet à un ou plusieurs autres responsables de traitement des données personnelles […] avec le consentement de la personne concernée ».
Concrètement, cela signifie que le partage d’un numéro de téléphone, l’utilisation d’une photo ou encore la diffusion d’informations personnelles sans autorisation peuvent engager la responsabilité de leur auteur.
Mais dans les faits, ces règles restent largement méconnues. Beaucoup d’utilisateurs ignorent leurs droits, tandis que certaines entreprises ou individus exploitent les données sans réelle crainte de sanctions.
Ce décalage entre la loi et la réalité s’explique notamment par un manque de sensibilisation, mais aussi par l’absence de mécanismes visibles de contrôle et de recours accessibles au grand public.
Face à cette situation, une question se pose : comment protéger efficacement les citoyens si ces derniers ne sont pas informés de leurs droits ?
La protection des données personnelles ne concerne pas uniquement les experts ou les institutions. Elle touche directement la vie quotidienne des Congolais, dans leurs communications, leurs activités en ligne et même leurs relations sociales.
Dorcas Ntumba
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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression
Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.
À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.
« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.
Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.
Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.
De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.
Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.
Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.
Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET
