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RDC : Prince Kihangi appelle à un « dialogue national vert » pour repenser la conservation des forêts

La République démocratique du Congo doit repenser son modèle de conservation de la nature en plaçant davantage les communautés locales et les peuples autochtones au cœur des politiques environnementales. C’est l’appel lancé par le coordonnateur national des écologistes RDC, Prince Kihangi Kyamwami, dans son émission « Le rendez-vous écologique », diffusée le 13 septembre 2026.

Selon lui, l’importance du patrimoine forestier congolais confère au pays une responsabilité particulière dans la lutte contre le changement climatique. « La République Démocratique du Congo a un capital forestier immense. Ce capital forestier représente près de 60% des forêts du bassin du Congo et près de 10% des forêts mondiales », a-t-il déclaré.

Pour Prince Kihangi, le statut de « pays-solution » attribué à la RDC en matière climatique ne doit cependant pas être considéré uniquement comme une reconnaissance internationale. Il implique également des responsabilités importantes dans la protection des forêts et des écosystèmes.

L’écologiste estime surtout que la conservation doit évoluer afin de mieux prendre en compte les réalités des populations vivant dans ou autour des espaces forestiers. « La conservation que nous voulons communautaire devrait donc franchir une étape importante, celle de devenir un levier ou un véritable outil de développement socio-économique et culturel au profit des communautés locales et des peuples autochtones pygmées », a-t-il soutenu.

L’urgence ne doit pas marginaliser les peuples autochtones 

Cette approche doit, selon lui, éviter que les politiques de protection de l’environnement créent de nouvelles difficultés pour les populations concernées. « L’urgence climatique ne doit pas justifier de nouvelles formes de marginalisation ou d’expulsion des communautés locales et de peuples autochtones pygmées de leurs terres ancestrales », a-t-il insisté.

Prince Kihangi défend ainsi une conception de la conservation fondée sur la participation des communautés. « La nature n’est donc pas à protéger contre les communautés locales. Elle n’est non plus à protéger sans les communautés locales », a-t-il résumé.

Un dialogue national vert proposé

Pour traduire cette vision en actions, l’organisation de la société civile environnementale congolaise dit avoir saisi, le 10 septembre, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la nouvelle économie du climat. L’objectif est de soumettre à son appréciation l’organisation d’un « dialogue national vert ».

Ce cadre devrait permettre, selon Prince Kihangi, de réfléchir à un nouveau modèle de conservation à long terme. « Le dialogue national vert devra être en mesure de développer un nouveau mode de vie harmonieux avec la nature et dans la nature », a-t-il expliqué.

Il souhaite également que ce dialogue permette de rechercher un équilibre entre les différentes dimensions du développement.  L’objectif affiché par ce contexte est de parvenir à « un nouveau mode de conservation » capable de concilier « les considérations sociales, économiques, culturelles et écologiques à l’horizon 2050 ».

Cette proposition intervient dans un contexte où la RDC cherche à valoriser son rôle dans la lutte mondiale contre le changement climatique tout en répondant aux préoccupations liées à la gestion de ses ressources naturelles. Pour Prince Kihangi, la protection de l’environnement doit donc aller de pair avec la dignité et la participation des populations concernées, ce qui renvoient à une « congestion durable ».

Il appelle également au renforcement de la participation communautaire, de la transparence et à la mise en place d’un mécanisme d’alerte précoce. « La protection de l’environnement ne se fasse au prix de la dignité humaine », a-t-il déclaré.

Avec ce « dialogue national vert », les Écologistes RDC proposent ainsi d’ouvrir une réflexion nationale sur l’avenir de la conservation en RDC et sur la manière de concilier, à l’horizon 2050, protection de la nature et développement des communautés.

Blaise Abita