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RDC/Présidentielle 2018: Mgr Fridolin Ambongo brise le silence
L’archevêque de Kinshasa Mgr Fridolin Ambongo a, dans une homélie prononcée ce lundi 24 décembre 2018 à la cathédrale Notre-Dame du Congo, révélé le caractère sacré d’organiser les élections le 30 décembre prochain. Il s’est ainsi prononcé à l’occasion de Noël 2018. Le prélat catholique s’est adressé aux chrétiens de Kinshasa et aux hommes de bonne volonté.
Pour le nouvel archevêque métropolitain de Kinshasa, ne pas tenir la promesse d’organiser le scrutin général du 30 décembre, c’est « travailler pour l’anéantissement de la paix en RDC ». Mgr Fridolin a aussi insisté sur le fait que la vraie paix est celle du Christ, que les résultats qui seront publiés reflètent la volonté du peuple.
Mgr Fridolin Ambongo Besungu a comparé la situation d’exil qu’avait vécue le peuple d’Israël à la situation actuelle de la RDC. Jadis, le prophète Isaïe s’adressait au peuple d’Israël en exil. Pendant cette période sombre, ce peuple était humilié et affamé, découragé et abattu. Il n’avait ni repères ni guides. Le Temple, symbole de son identité, a été détruit. Les richesses et les trésors du pays sont pillés et exploités par les étrangers… Toute cette situation plongeait le peuple d’Israël dans les ténèbres du désespoir le plus complet. Cependant, il lui restait encore, et fort heureusement, une lueur d’espoir pour un lendemain meilleur Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière.
A l’instar de l’Israel, indique le berger de Kinshasa, que d’humiliations, et de manque du nécessaire vital, que du mépris de la dignité de la personne humaine et de ses droits les plus fondamentaux souffre le Congolais. « On se croirait aujourd’hui au Congo à l’époque d’Israël où l’obscurité du péché couvrait tout le pays », a-t-il conclu.
Petit Ben Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
