Politique
RDC : Plus de 3 millions de déplacés retournent chez eux, mais la crise persiste
En République démocratique du Congo, un vent d’espoir souffle timidement sur une crise humanitaire qui perdure. Selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), « au moins 8,3 millions de personnes déplacées internes sont toujours dans le besoin », mais plus de trois millions d’entre elles ont pu regagner leur foyer depuis le début de l’année 2025.
Cette amélioration relative est attribuée à l’accalmie partielle des violences dans certaines zones de l’est du pays. « Dans le Nord-Kivu, près de 1 million de personnes sont encore déplacées, alors que 2 millions ont regagné leurs villages », indique l’Ocha. Au Sud-Kivu, plus de 600 000 personnes sont également retournées chez elles, principalement à Idjwi, Minova et Kalehe. Toutefois, « 1,5 million d’autres restent en situation de déplacement », précise l’agence.
Malgré ces signes encourageants, la situation sur le terrain reste fragile. Dans le Nord-Kivu, certaines familles n’ont eu d’autre choix que de rentrer, après le démantèlement des sites de déplacés à Goma et Nyiragongo. Par ailleurs, les violences persistantes dans des zones comme Masisi et Uvira continuent de provoquer de nouveaux déplacements vers l’Ituri, le Tanganyika et le Maniema. L’insécurité alimentaire, quant à elle, atteint un niveau critique avec « 27,7 millions de personnes en situation de crise alimentaire ».
Les organisations humanitaires redoutent que la reprise récente des combats dans l’est de la RDC n’annule les progrès réalisés. « La reprise des combats pourrait aggraver la crise humanitaire, d’autant que le financement reste largement insuffisant », alertent les agences présentes sur le terrain.
Franck Kaky/CONGO PROFOND.NET
À la Une
Nord-Kivu : Le BUREC dénonce les querelles politiques autour du gouverneur militaire
Le Bloc Uni pour la Renaissance et l’Émergence du Congo, BUREC, à travers son inter-fédération du Nord-Kivu, a publié ce 24 mai 2026 à Beni une déclaration politique sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la province. Dans ce document, les cadres et militants du parti affirment suivre « avec attention les situations politique et sécuritaire » dans le Nord-Kivu.
Face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire, le BUREC/Nord-Kivu a réaffirmé son soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), au président Félix Tshisekedi ainsi qu’au gouverneur militaire du Nord-Kivu, Somo Kakule Evariste. Le parti salue notamment « les efforts consentis dans la recherche de la paix, la restauration de l’autorité de l’État et le développement ».
Dans la même déclaration, le BUREC recommande « le renforcement et l’intensification des opérations militaires contre l’AFC/M23, les ADF et les autres groupes armés réfractaires au P-DDRCS ». Cette formation politique estime que les offensives militaires doivent être renforcées afin de faire face à l’insécurité persistante dans plusieurs zones du Nord-Kivu.
Le parti a également condamné « les sorties médiatiques de certains politiciens et leaders d’opinion qui s’opposent à la gouvernance actuelle de la province ». Selon le BUREC, l’Union sacrée de la Nation au Nord-Kivu « n’a jamais été saisie d’une démarche pour laquelle le Gouverneur militaire aurait constitué une obstruction à un acteur politique, de surcroît un élu ».
Réaffirmant son appartenance à l’Union sacrée de la Nation, le BUREC/Nord-Kivu dit renouveler « avec force son soutien indéfectible à la gouvernance de la province du Nord-Kivu sous l’égide du Général-Major Somo Kakule Evariste, émanation de la volonté du Chef de l’État ».
Cette formation politique appelle par ailleurs les acteurs politiques à éviter d’impliquer l’armée dans les débats politiques. Le document rappelle que « l’armée est apolitique » et estime que le général-major Somo Kakule Evariste « devrait être épargné des querelles politiciennes afin de mieux se concentrer sur sa mission ».
Cette déclaration a été signée à Beni dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et plusieurs groupes armés actifs dans l’est de la RDC, notamment l’AFC/M23 et les ADF.
Franck Kaky
