Diplomatie
RDC/Ouganda : Un groupe bilatéral mis sur pieds pour renforcer la coopération entre Kinshasa et Kampala
Le président ougandais Yoweri Museveni a accueilli, samedi à la State House de Nakasero à Kampala, une délégation de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC), conduite par Lambert Mende Omalanga. L’un des points phares de cette rencontre a été l’approbation d’un projet visant à créer un groupe bilatéral d’amitié parlementaire, chargé de suivre la mise en œuvre des projets d’intégration économique et de sécurisation transfrontalière.
Cette initiative s’inscrit dans un processus de rapprochement entre les deux pays, marqué par des efforts constants de normalisation. Prévue du 12 au 19 novembre 2024, cette mission parlementaire reflète une volonté commune de renforcer les liens bilatéraux et d’accélérer les projets de coopération.
Les travaux préliminaires ont vu la délégation congolaise échanger avec les commissions des Affaires étrangères, de la Défense et des Affaires intérieures du Parlement ougandais. Vendredi, Anita Among, présidente du Parlement ougandais, avait également reçu les députés congolais, posant ainsi les bases d’une collaboration institutionnelle renforcée.

Un collaborateur proche de la présidence ougandaise a confié que ce projet s’aligne sur la vision de Museveni pour une intégration régionale accrue et des relations commerciales sécurisées avec la RDC. Cette ambition, fréquemment évoquée par le président ougandais, met l’accent sur la nécessité de bâtir un environnement propice aux échanges et à la paix dans la région.
Avant sa mise en œuvre, le groupe bilatéral fera l’objet d’une révision des termes de référence, afin d’assurer que ses missions soient pleinement alignées avec les attentes des deux nations. Cette étape cruciale reflète l’engagement des deux parties à maximiser l’efficacité de cette nouvelle instance.
Claudine N. I.
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
