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RDC-Ouganda : L’exemption réciproque de visas au pied du mur, le délai arrive à terme

Le compte à rebours touche à sa fin. Ce lundi marque l’échéance du délai convenu entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda pour concrétiser l’exemption réciproque de visas entre les ressortissants des deux pays. Une mesure qui, au-delà de sa portée administrative, constitue un test supplémentaire pour le rapprochement engagé ces dernières années entre Kinshasa et Kampala.

L’engagement avait été remis sur la table lors de la visite de Félix Tshisekedi à Entebbe, en mai dernier, au cours de laquelle le président congolais et son homologue ougandais, Yoweri Museveni, avaient réaffirmé leur volonté de faciliter la circulation entre les deux États.

Sur le papier, le principe de réciprocité ne constitue pourtant pas une nouveauté. Depuis janvier 2024, Kampala a supprimé l’obligation de visa pour les citoyens congolais. La balle se trouve donc depuis lors dans le camp congolais, où la mise en œuvre effective de la mesure nécessite encore l’achèvement des démarches administratives et institutionnelles.

C’est précisément cette asymétrie que la partie ougandaise avait remise en évidence lors de la 9e session de la Commission permanente mixte RDC-Ouganda, organisée en mai 2026. Kampala y avait rappelé avoir déjà renoncé aux frais de visa imposés aux Congolais et insisté sur la nécessité d’une mesure équivalente de la part de Kinshasa.

Les autorités ougandaises avaient également appelé à l’application d’un instrument consacré à l’exemption de visas, signé antérieurement par la RDC à l’époque où Antipas Mbusa Nyamwisi occupait le portefeuille de ministre d’État chargé de l’Intégration régionale. L’existence de cet engagement n’a toutefois pas suffi à permettre sa traduction immédiate dans les faits.

À Kinshasa, le dossier a été abordé avec davantage de prudence. Les autorités congolaises ont notamment mis en avant la nécessité de définir les conditions concrètes d’application de la mesure, tout en tenant compte du contexte sécuritaire du pays.

La ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait ainsi transmis le dossier au vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, dont l’administration intervient directement dans les questions liées à la circulation des personnes. À l’issue de cette transmission, le ministre avait annoncé que les experts devaient examiner le dossier à Kinshasa et qu’une position devait être dégagée dans un délai de trois mois.

Ce délai arrive donc à son terme ce 31 août. Reste désormais à savoir si cette échéance débouchera sur une mise en application effective de la réciprocité ou sur une nouvelle phase de discussions.

Une pièce d’un rapprochement plus vaste

Le dossier des visas ne constitue qu’un volet d’une relation bilatérale que les 2 capitales cherchent à densifier. La 9e Commission permanente mixte avait notamment permis la conclusion de plusieurs mémorandums d’entente, certains choix procéduraux ayant nécessité des étapes supplémentaires avant leur concrétisation administrative.

La dynamique diplomatique s’est également traduite par la désignation d’un ambassadeur de la RDC en Ouganda. Son arrivée à Kampala est attendue prochainement, avant la présentation de ses lettres de créance.

Derrière la question de la mobilité se joue en réalité un enjeu plus large : celui de l’intensification des échanges entre deux pays partageant une longue frontière et des intérêts économiques et régionaux croissants. Commerce, infrastructures, activités transfrontalières et intégration régionale figurent désormais parmi les axes de coopération mis en avant par Kinshasa et Kampala.

Dans cet ensemble, la libre circulation des personnes apparaît comme un indicateur concret de la volonté politique affichée par les 2 États. La fin du délai fixé aujourd’hui place ainsi Kinshasa devant une décision attendue depuis plus de 2 ans : transformer l’engagement de réciprocité en réalité administrative.

Franck N. K.