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RDC : Olive Lembe Kabila a réconforté la famille Kamerhe

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Marie-Olive Lembe Kabila a été reçue mercredi 08 juillet 2020 par l’épouse et la famille Kamerhe en leur résidence. Cette visite, d’après plusieurs observateurs, s’inscrit dans le cadre de réconforter la famille Kamerhe qui traverse des moments difficiles avec la condamnation de du Directeur de Cabinet du Chef de l’État à 20 ans d’emprisonnement par la Justice.

Réagissant par rapport à cette visite, un de fils Kamerhe, du nom de David, a vivement remercié l’épouse de Joseph Kabila Kabange.

« Maman Olive Lembe Kabila, au nom de mes frères et sœurs, je tiens à vous remercier pour cette visite surprise de reconfort en cette période de rude épreuve pour notre famille », a-t-il écrit sur Twitter, tout en rendant grâce à Dieu pour la compassion qui caractérise l’ex première Dame.

De son côté, l’épouse de Joseph Kabila Kabange ne s’est pas exprimée au sortir de cette visite. En regardant les photos de la rencontre, l’on peut dire qu’elle s’est déroulée dans le calme, la cordialité et le respect mutuel.

Cette visite de l’ex première dame est largement commentée par les internautes. A l’UNC, c’est une visite de réconfort mais aussi une interpellation pour l’actuelle première Dame qui depuis la condamnation de Vital Kamerhe n’a pas publiquement manifesté sa sympathie à Hamida Chatur. Pourtant, convient-il de rappeler, elles étaient ensemble avec leurs époux lors de la campagne électorale des élections de décembre 2018 menant à leur accession au pouvoir.

Rappelons-le, Vital Kamerhe a été condamné à 20 ans de prison. Il est accusé de détournement des deniers publics alloués au programme d’urgence du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi.

MUAMBA MULEMBUE CLÉMENT/CONGOPROFOND.NET

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Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité

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Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.

Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante

Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.

Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.

Les failles du système judiciaire actuel

Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.

La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.

Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.

Les conditions d’une justice crédible

Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.

Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.

Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.

Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.

Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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