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RDC : « Nous avons clairement dit au Président la nécessité de mettre fin à la coalition FCC-CACH » (Floribert Anzuluni, Filimbi)

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« Nous nous avons fait clairement comprendre au Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, que ce qui bloque aujourd’hui le pays en réalité, c’est le système de prédation, un système porté par des antivaleurs et porté par un groupe de personnes qui malheureusement a dirigé ce pays pendant 18 ans. Il est clair aujourd’hui que malheureusement après 18 mois ce système n’a pas pu disparaître parce que ces personnes-là continuent à manipuler et à vouloir toujours contrôler les institutions »,  a déclaré Floribert Anzuluni, Coordonnateur du mouvement citoyen Filimbi après être reçu par le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi au Palais de la Nation mercredi 04 novembre 2020 dans le cadre des consultations présidentielles.

Parlant au nom de tous les mouvements citoyens reçus par Félix Antoine Tshisekedi, Floribert Anzuluni précise devant les chevaliers de la plume et du micro que sur cette question nous soutenons totalement la nécessité de mettre un terme à cette coalition. Toutefois, a-t-il souligné, nous avons clairement dit au Président de la République il ne s’agit pas de transferer le tare d’un groupe vers un autre groupe.

« Il s’agit de combattre un système porté par des antivaleurs pour qu’ensemble, nous Congolais, nous commencions à définir maintenant un système qui sera porté par des valeurs de développement et qui sera porté par les bonnes valeurs. C’est le message central que nous avions apporté. Nous ne sommes pas des politiques mais nous disons que ce système est destructeur, il est maintenant grand temps que nous le combattions et la fin de la coalition pour nous est inévitable », a-t-il déclaré.

Répondant à la question de savoir, comment combattre ce système ? Floribert Anzuluni a commencé par rappeler que les principales victimes de ce système sont là population.

« Il est clair aujourd’hui, on nous dira que les institutions existent mais l’article 5 de la constitution nous rappelle très clairement que le pouvoir appartient au peuple, aujourd’hui nous imaginons que c’est pour cette raison que le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi consulte certaines couches de la population pour avoir leur entendement sur la situation. Et aujourd’hui, le peuple doit se mobiliser, se rassembler pour combattre ce système et tous ceux qui vont résister, devront pacifiquement être neutralisés par la mobilisation populaire », a laissé entendre le numéro Un du mouvement citoyen Filimbi.

Auprès du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, renseigne Floribert Anzuluni, les mouvements citoyens ont plaidé pour la depolisatisation des institutions en commençant par la CENI.

« La raison pour laquelle le pays se trouve dans cette situation c’est suite au K.O électoral de 2018 nous devons être capable de le dire. Donc nous devons faire en sorte que les prochaines élections soient les plus transparentes possibles. Donc, nous devons depolitiser la CENI, la justice et toutes les fonctions publiques qui n’ont pas vocation à être politisé mais plutôt à assurer le fonctionnement normal de l’État », ont-ils recommandé.

Complétant son collègue, Carbone Beni estime que c’est important aujourd’hui ces consultations politiques initiées par le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi. Dans les 3 ans qui restent au Président de la République, nous voulons qu’un nouveau vent souffle dans notre pays.

« L’État de droit oui, bonne gouvernance oui, les autorités doivent mettre fin à la misère de la population. Nous ne voulons pas qu’après les élections de 2023 avoir un Président de la République qui sera contraint à faire une coalition avec une majorité préfabriquée et deux ans après qu’il se retrouve dans le même contexte des consultations. Ces consultations doivent nous emmener à avoir des bonnes élections afin de faire décoller notre pays », a conclu Carbone Beni, membre du mouvement Citoyen Filimbi.

MUAMBA MULEMBUE CLÉMENT/CONGOPROFOND.NET

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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?

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Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.

Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.

Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.

Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.

Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.

Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.

Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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