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RDC/Nord-Kivu : AIDPROFEN en croisade contre la prise en charge de la prime scolaire par les parents
Dans un mémorandum rendu public ce vendredi 05 juillet à Goma au cours d’un point de presse, l’Association et Initiative de Développement pour la Protection de la femme et de l’Enfant (AIDPROFEN) dit non à la prime ou mieux à la prise en charge des enseignants par les élèves qu’elle qualifie d’une violation des droits de l’homme et d’antivaleur.
Pour elle, ce phénomène a des conséquences fâcheuses, notamment la perdition scolaire, la baisse du niveau de l’éducation, la recrudescence des enfants de la rue, les grossesses indésirables, les harcèlements en milieux scolaires, etc.
Face à toutes ces conséquences néfastes qui touchent la société, elle formule certaines recommandations au gouvernement, aux parents, aux enseignants, aux gestionnaires d’écoles, aux élèves et aux organisations nationales ainsi qu’internationales œuvrant dans le domaine d’enseignement.
Parmi celles-ci, AIDEPROFEN demande au gouvernement, sans délais, d’appliquer l’article 43 alinéa dernier de notre constitution consacrant la gratuité de l’école primaire dans les écoles publiques. Aussi, de prendre les mesures conséquentes pour améliorer les conditions salariales des enseignants.
Toujous dans ce document, elle appelle les parents à la vigilance et à la prudence pour ne plus se faire rançonner par les chefs d’établissements et les interdit de ne plus payer aucun frais (confirmation place, uniformes, cahiers) pour la prochaine année pour tous les élèves des écoles primaires des établissements publics, mais aussi de dénoncer tout cas de toute école qui osera chasser un élève pour n’avoir pas payé, selon elle, les frais illégaux précités.
Les enseignants, eux, doivent orienter les revendications de leurs salaires auprès du gouvernement qui, d’après cette organisation, est leur employeur aussi.
Aussi, ajoute-elle, les responsables des écoles doivent arrêter de demander aux parents des frais scolaires pour l’année qui va commencer.
Pendant ce temps, les gestionnaires d’écoles sont conviés, à leur tour, à faciliter la réalisation de la promesse de la gratuité de l’enseignement primaire en évitant d’entraver à ce processus par des manœuvres dilatoires.
AIDPROFEN appelle les parents à dénoncer tout frais illégal connexe à la prime et qui criminalise davantage les parents congolais. Quant aux élèves, ils sont appelés à accompagner les parents dans la lutte et refuser toute manipulation des chefs d’établissements ou gestionnaires d’écoles, lit-on dans ce document.
Il convient de noter que les mêmes recommandations ont été faites aux organisations nationales et internationales qui sont invitées à accompagner le peuple congolais dans cette lutte.
Rappelonsnque ce mémorandum est une initiative des femmes venues de Beni Butembo et Goma appartenant à cette organisation et qui s’étaient réunies à Goma pour se pencher sur la question de « prime scolaire » que versent les parents et sur d’autres problèmes de société.
ADEPROFEN compte continuer des plaidoyers à tous les niveaux si leur démarche n’aboutit pas à des résultats escomptés.
Pour rappel, le phénomène prime est apparu dans le système scolaire congolais vers les années 1990 pour suppléer l’Etat dans la prise en charge des enseignants.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
