Environnement
RDC : Marie Nyange appelle à une mobilisation nationale pour protéger la couche d’ozone
À l’occasion de la Journée internationale pour la protection de la couche d’ozone, célébrée chaque 16 septembre, la République démocratique du Congo s’est associée à la communauté internationale pour rappeler l’importance de ce bouclier naturel vital contre les rayons ultraviolets nocifs.
À Kinshasa, ce mardi 16 septembre 2025, la Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a prononcé un discours solennel en appelant à une action collective pour préserver la planète et garantir l’avenir des générations futures.
« Protéger l’ozone, c’est investir dans notre avenir », a affirmé la Ministre, rappelant que cette enveloppe gazeuse protège la santé humaine, les écosystèmes et l’agriculture.
La cheffe de l’environnement a salué les avancées enregistrées depuis l’adoption du Protocole de Montréal en 1987, qui a permis de réduire l’usage des substances destructrices de la couche d’ozone, notamment les CFC. La RDC, qui y a adhéré dès 1994, reste engagée dans ce combat.
Elle a également souligné l’importance de l’amendement de 2019 sur les hydrofluorocarbures (HFC), qui favorise l’utilisation d’alternatives respectueuses de l’environnement et contribue à réduire le réchauffement climatique.
M. Nyange a insisté sur la place stratégique du secteur de la réfrigération et de la climatisation dans ce processus : conservation des denrées alimentaires, préservation des vaccins et médicaments, confort des habitations, mais aussi risques liés aux produits nocifs utilisés.
« L’enjeu n’est pas de renoncer à ces usages indispensables, mais d’adopter des solutions alternatives et durables », a-t-elle précisé.
Marie Nyange Ndambo a lancé un appel solennel :
• aux parlementaires, pour ratifier l’amendement sur les HFC,
• aux importateurs, pour respecter les normes environnementales,
• aux scientifiques, pour continuer la sensibilisation,
• aux techniciens du froid, pour adopter des pratiques responsables.
Elle a également exhorté chaque citoyen à s’impliquer, en choisissant des équipements écologiques et en entretenant correctement ses appareils de climatisation.
Avec sa forêt du bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, la RDC joue un rôle central dans la lutte mondiale contre le changement climatique. « En protégeant la couche d’ozone, nous préservons nos forêts, nos rivières et l’avenir de nos enfants », a conclu la Ministre.
La Journée mondiale de la protection de la couche d’ozone 2025 avait pour thème : « De la science à l’action globale », soulignant l’importance de transformer les avancées scientifiques en engagements concrets.
Dorcas Mwavita
À la Une
Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.
Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale
Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.
« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.
Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :
– à l’éducation,
– à l’eau potable,
– aux soins de santé,
– et aux opportunités économiques.
Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.
Une loi pour protéger les peuples autochtones
La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.
Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.
« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.
L’éducation comme clé de l’émancipation
Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.
Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.
Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.
« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.
Forêt, peuples autochtones et crédits carbone
Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.
Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.
« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
