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RDC : Marie-Ange Mushobekwa, avocate des droits humains, aurait organisé l’évasion judiciaire du violeur présumé
L’affaire « Mushobekwa » vient de franchir un seuil juridique et moral sans précédent. Alors que le dossier quittait l’Auditorat militaire pour la Haute Cour, la ministre honoraire des Droits humains qui y a porté plainte, aurait usé de son influence pour soustraire son fils Likulia Lifoma Claudien, le principal suspect majeur du territoire national via le vol Air France AF 728 de Kinshasa vers Paris.
L’ironie est d’une violence froide : celle qui exigeait hier la punition des bourreaux de ses fils organise aujourd’hui la fuite de l’auteur présumé du viol de la fille d’autrui. Il ne s’agit plus d’une mère éplorée, mais d’une justiciable qui, confrontée à un autre prétoire, a choisi la fuite plutôt que le face-à-face à quelques jours du procès public tant réclamé. Il est une chose que de réclamer justice. Il en est une autre que d’affronter la vérité. Le transfert du dossier à la Haute Cour devait garantir l’impartialité.
Il a au contraire déclenché une extraction qui dit tout du rapport pathologique qu’entretient notre élite avec la loi qu’elle prétendait incarner. Sur le fond, le droit congolais est pourtant d’une clarté que la prévenue semble redouter. La loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le Code pénal dispose en son article 170 que constitue un viol “tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou par l’auteur sur sa propre personne” avec violence, contrainte, surprise ou menace.
Lorsque la victime est mineure, la qualification du viol est automatique : la loi ne requiert pas la preuve de la violence physique, l’âge emportant présomption de contrainte morale. Si Monsieur Likulia Lifoma Claudien, le fils majeur de Madame Mushobekwa, aurait eu une relation sexuelle avec une fille mineure à 4 heures du matin, en l’absence de tout adulte, les éléments constitutifs du viol sur mineure sont d’office réunis selon le droit congolais. Les peines encourues atteignent la perpétuité.
C’est très exactement ce que la plaignante (le père de la fillette) a entendu poursuivre. Dès lors, une question s’impose, et elle est aussi juridique que morale : comment se fait-il que Marie-Ange Mushobekwa, qui a bâti une carrière sur la promotion des valeurs et droits des victimes, ait tout mis en œuvre pour que le suspect (son fils) échappe à une procédure qu’elle sait parfaitement fondée ? La réponse tient en un mot : la vengeance n’est pas la justice, elle en est la négation.
Madame Mushobekwa aurait confondu les deux. Elle a exigé que l’on punisse ceux qui ont frappé ses enfants avec des câbles électriques, ce qui était légitime et nous la soutenons, mais elle a refusé que l’on juge son fils pour avoir peut-être imposé à une enfant une intimité qu’aucune loi n’autorise. Elle réclamait l’arsenal répressif pour elle ; elle a ouvert les portes de la prison pour l’autre. Cette sélectivité dans l’appel au droit n’est pas de la défense parentale, c’est un déni de justice caractérisé.
Nous voici donc face à une situation kafkaïenne où l’ancienne ministre des Droits humains, par l’exfiltration du mis en cause, administre elle-même la preuve qu’elle redoute le verdict des juges. Si son fils était innocent, pourquoi le soustraire à une juridiction qu’elle disait hier encore la seule capable de rendre une décision équitable ? Ce silence organisé autour du départ du jeune homme est un aveu. Il signifie que la famille Mushobekwa sait, au fond d’elle-même, ce qui s’est réellement passé cette nuit-là dans cette chambre close.
La fuite du suspect n’est pas une péripétie procédurale : c’est la signature au bas d’un constat d’accusation que la défense n’a pas osé affronter. Le scandale ultime n’est donc pas seulement la sortie du territoire. C’est l’inversion complète des rôles auquel on assiste. Madame Marie-Ange Mushobekwa, qui accusait l’appareil d’État de “test moral” manqué, vient de révéler sa propre conception de la justice : une justice à géométrie variable, intraitable avec les enfants des autres, infiniment compréhensive avec les siens.
La Haute Cour, qui devait incarner la sérénité, n’aura même pas eu l’occasion de siéger. On a vidé la salle avant l’audience. Et c’est peut-être, pour le droit congolais, la blessure la plus profonde : non pas qu’un délit ait été commis, mais que celle-là même qui en avait la garde ait volontairement laissé la loi sur le trottoir, comme un objet encombrant, pour mieux faire passer l’enfant chéri Likulia Lifoma Claudien par la porte dérobée.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
