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RDC : les contours du Protocole de Maputo expliqués aux points focaux genre des institutions étatiques
Durant deux jours, des acteurs étatiques vont approfondir leurs connaissances sur le Protocole de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits de la femme, connu sous le vocable de Protocole de Maputo.
A l’initiative de la Cellule d’Etudes et de Planification de la Promotion de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant (CEPFE) du ministère du Genre, Enfant et Famille, un atelier de vulgarisation de cet important document a été ouvert ce mercredi 27 novembre à la salle Lukiana du secrétariat général du ministère du Genre. Y prennent part, des points focaux genre des ministères sectoriels non impliqués à la première phase qui a eu lieu en novembre 2018, notamment ceux de deux chambres du Parlement, des agents et cadres de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et du gouvernement provincial de Kinshasa ainsi que des membres du cabinet de la ministre d’Etat chargé du Genre, Enfant et Famille.
Grâce à l’appui de l’Ong internationale Ipas, l’objectif de cet atelier qui va se clôturer ce jeudi 28 novembre est d’améliorer la connaissance de ces acteurs étatiques sur le Protocole de Maputo, en vue de sa domestication en RDC. Une domestication qui facilitera, de l’avis des organisateurs, la promotion des politiques et lois favorables aux droits des femmes en général et aux droits à la santé sexuelle et reproduction en particulier.
Au cours des échanges de cette première journée, les facilitateurs ont decortiqué les contours de cet instrument international, surtout en ce qui concerne les questions des droits à l’avortement légal et sécurisé.
L’exposé de Jean-Alphonse Tshika, directeur de la CEPFE et conseiller technique au ministère du Genre, Enfant et Famille, sur l’historique, le contenu et les attentes du Protocole de Maputo leur a apporté plus d’éclairage. De même que les similitudes qui existent entre le Code de la Famille révisé et le Protocole de Maputu, présentées par Me Arthur Matengo, conseiller juridique au secrétariat général du ministère du Genre, Enfant et Famille.
« A travers le Protocole de Maputo qui symbolise l’engagement historique des pays africains à promouvoir les droits des femmes, le ministère du Genre, Enfant et famille ne cessera jamais de dire à ces dernières qu’elles ont les droits à défendre », a martelé Alphonse Tshika, comme pour rassurer de la poursuite de la vulgarisation du Protocole de Maputo.
Rappelons que le processus de vulgarisation du Protocole de Maputo a été lancé depuis le 30 juillet 2018 par le ministère du Genre, Enfant et Famille à travers la CEPFE, quatre mois après la publication dans le Journal Officiel de cet instrument juridique international dument ratifié par la RDC.
Ce Protocole exploite huit thématiques en faveur des droits des femmes :
• Egalité/non-discrimination,
• Protection des femmes contre la violence
• Droits relatifs au mariage
• Droits à la santé et la reproduction
• Doits économiques, sociaux et culturels
• Droit à la paix
• Protection des femmes dans des conflits armés
• Droits des groupes des femmes bénéficiant d’une protection sociale
L’article 14, alinéa 2, point C du protocole de Maputo soulève souvent débat par le fait qu’il invite les Etats signataires à prendre « toutes les mesures appropriées pour protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ». Depuis mars 2018, cette disposition est de droit d’application en RDC, même si beaucoup semblent encore l’ignorer. D’où la nécessité de poursuivre sa vulgarisation.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
