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RDC : Le Service National vise plus de 40.000 tonnes de maïs et mise sur l’industrialisation agricole
Le Service National entend franchir un nouveau cap dans la production agricole en RD Congo. Pour la saison 2026-2027, son objectif est de produire plus de 40.000 tonnes de maïs sur 10.000 hectares à Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami. Une ambition soutenue par la mécanisation des travaux, le renforcement des capacités de stockage et le développement des infrastructures de transformation.
Le Service National revoit ses ambitions agricoles à la hausse. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant de cette structure, a officiellement lancé la saison agricole 2026-2027 à Kaniama Kasese, avec pour objectif d’accroître la production de maïs et de renforcer les capacités de transformation des récoltes.
Pour cette nouvelle campagne, plus de 40 000 tonnes de maïs sont attendues sur une superficie de 10 000 hectares, contre 36 000 tonnes lors de la saison précédente. Cette progression projetée traduit la volonté du Service national d’augmenter ses rendements et de consolider sa contribution à la production agricole nationale.

10.000 hectares à préparer, les semis sous pression
Sur le terrain, les travaux de préparation des terres se poursuivent afin de respecter le calendrier agricole. La mécanisation constitue l’un des principaux leviers mobilisés pour atteindre les objectifs fixés.
Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a notamment évoqué un bloc de 680 hectares dont les opérations de labour, de hersage et de semis doivent être achevées rapidement. L’utilisation d’engins agricoles puissants doit permettre d’accélérer les travaux et de couvrir de vastes superficies dans des délais réduits.
Le commandant du Service National a également insisté sur la nécessité de respecter les échéances agricoles, avertissant que les semis tardifs pourraient exposer les cultures à certains risques liés aux maladies du sol.
L’enjeu est donc double : emblaver les 10 000 hectares programmés et réunir les conditions nécessaires pour obtenir une récolte à la hauteur des ambitions affichées.
Des silos et des séchoirs pour limiter les pertes
Au-delà de la production, le Service national mise sur le renforcement des infrastructures destinées à la conservation des récoltes. Le site de Kaniama Kasese dispose désormais de plusieurs silos et séchoirs modernes, conçus pour améliorer le stockage du maïs et préserver sa qualité après la récolte.
Ces équipements doivent accompagner l’augmentation des volumes attendus et contribuer à réduire les pertes post-récolte. Ils constituent également un maillon essentiel dans la mise en place d’une chaîne de production intégrant les différentes étapes, depuis la préparation des terres jusqu’à la conservation des produits agricoles.
« On va doubler notre capacité de séchage, de transformation et de stockage », a annoncé Jean-Pierre Kasongo Kabwik, évoquant ainsi les perspectives de modernisation de l’appareil de production du Service national.
De l’agriculture mécanisée à l’industrialisation
La stratégie du Service national ne se limite plus à l’augmentation des superficies cultivées. Elle vise également à développer la transformation locale du maïs afin de mieux valoriser les récoltes.
À Kaniama Kasese, une minoterie et une provenderie complètent les installations agricoles. La première est destinée à la transformation du maïs en farine, tandis que la seconde intervient dans la production d’aliments pour animaux.
Le Service National dispose également d’une minoterie à Kinshasa, visitée le 10 octobre dernier par son commandant. Cette unité, dont la capacité annoncée est de 100 tonnes par jour, traite notamment le maïs provenant de Kaniama Kasese et de Lovo, dans la province du Kongo-Central.
Cette orientation marque une évolution importante : l’objectif est désormais de renforcer les capacités de production tout en développant les moyens de transformation et de distribution. Une telle approche pourrait favoriser une meilleure valorisation de la production locale et contribuer à l’approvisionnement du marché en farine de maïs.
Une exploitation aux activités diversifiées
Le développement de Kaniama Kasese s’étend également à d’autres infrastructures. Le site comprend notamment un hôpital moderne, des installations d’hébergement, des salles de réunion et de banquet, un cheptel bovin, des ateliers de menuiserie ainsi que des établissements scolaires.
À travers ces réalisations, le Service National présente le site comme un exemple de reconversion d’une exploitation autrefois abandonnée en un complexe associant production agricole, transformation industrielle et activités complémentaires.
La structure s’est par ailleurs illustrée dans la fabrication de bancs destinés aux établissements scolaires, grâce au travail d’anciens jeunes délinquants réinsérés dans la société et désormais présentés comme des « bâtisseurs de la Nation ».
Le défi de concrétiser les ambitions
Avec plus de 40.000 tonnes de maïs attendues sur 10.000 hectares, le Service national affiche des ambitions importantes pour la saison agricole 2026-2027.
La réussite de cette campagne dépendra toutefois du respect du calendrier des semis, des rendements obtenus et de la capacité des infrastructures à assurer le séchage, le stockage et la transformation des récoltes.
Au-delà des chiffres annoncés, l’enjeu consiste à faire de la mécanisation et de l’industrialisation des leviers durables de la production agricole congolaise, dans un contexte où le renforcement de l’offre locale demeure essentiel pour la sécurité alimentaire du pays.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET