Politique
RDC : Le Sénat poursuit les auditions sur la situation sécuritaire dans l’Est
Le Sénat de la République démocratique du Congo (RDC) a intensifié ses efforts pour faire la lumière sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays, en proie à des conflits armés et à une crise humanitaire persistante. Une commission mixte, composée de sénateurs des commissions Défense, Sécurité, Frontières et Relations extérieures, a été mandatée pour auditionner plusieurs ministres du gouvernement.
Présidée conjointement par les sénateurs José Panda et Christophe Lutundula, cette commission a pour mission d’éclairer la lanterne des sénateurs et de l’opinion publique sur l’agression dont la RDC est victime de la part du Rwanda et de ses supplétifs du M23/AFC.
«Le bureau et la plénière avaient décidé, au regard de la situation liée à l’Est du pays où nous sommes agressés par le Rwanda et ses supplétifs du AFC-M23, de nous confier la mission d’auditionner différents membres du gouvernement pour éclairer la lanterne des honorables sénateurs autour de cette question primordiale liée à l’agression», a déclaré le sénateur José Panda, président de la commission Défense-Sécurité et Frontières.
Auditions des ministres clés
Plusieurs ministres ont été appelés à témoigner devant la commission, notamment : le Vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale; le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice.
Ces auditions visent à recueillir des informations précises sur la situation sécuritaire, les opérations militaires en cours, la situation humanitaire des populations déplacées et les efforts déployés par le gouvernement pour rétablir la paix et la sécurité dans la région.
Les informations recueillies lors de ces auditions seront cruciales pour éclairer la décision du Sénat concernant la prorogation de l’état de siège en vigueur dans certaines provinces de l’Est.
«Puisque nous devons procéder à la prorogation de l’état de siège. Et pour arriver à donner de nouveaux éléments de cette prorogation, il était question que les différents ministres soient écoutés par les sénateurs», a expliqué le sénateur José Panda.
Transparence et confidentialité
Les ministres ont fourni des explications détaillées, mais le contenu de ces échanges reste confidentiel pour le moment.
«Les différents ministres ont donné des explications précises que nous ne pouvons pas livrer ici, puisque ce sont des rapports qu’on va d’abord donner au Bureau. C’est au niveau du Bureau qu’on les donnera à la plénière», a précisé le sénateur José Panda.
La commission poursuivra ses travaux dans les prochains jours, en auditionnant d’autres membres du gouvernement et acteurs clés impliqués dans la gestion de la crise dans l’Est.
Mike Tyson Mukendi/CONGOPROFOND.NET
Politique
Kasaï-Central : Pierre Sosthène Kambidi propose un édit pour renforcer l’alimentation scolaire et lutter contre l’abandon des études
Ce vendredi 12 juin 2026, l’Assemblée provinciale du Kasaï-Central a enregistré le dépôt d’une proposition d’édit d’une importance majeure. Le député provincial Pierre Sosthène Kambidi, élu du territoire de Kazumba, a soumis un texte portant sur la promotion, l’organisation et l’appui aux programmes d’alimentation scolaire dans la province.
Cette initiative vise à s’attaquer à l’absentéisme et à la déperdition scolaire. Selon l’exposé des motifs, l’alimentation scolaire constitue un levier essentiel pour améliorer l’accès à l’éducation et favoriser le maintien des élèves sur les bancs de l’école, particulièrement dans les zones rurales où de nombreux enfants abandonnent leurs études faute de repas.
Le député de Kazumba place également la santé des apprenants au cœur de sa démarche. L’édit prévoit la promotion de la nutrition et du bien-être des élèves, ainsi que le renforcement de l’éducation nutritionnelle et alimentaire. L’objectif est de former une génération consciente de l’importance d’une alimentation équilibrée dès le plus jeune âge.
Au-delà du secteur éducatif, cette proposition touche aussi à un enjeu économique majeur pour le Kasaï-Central. En misant sur les systèmes alimentaires locaux et les jardins scolaires, le texte pourrait offrir de nouveaux débouchés aux producteurs agricoles de la province. Les cantines scolaires deviendraient ainsi un marché stable capable de stimuler l’agriculture familiale tout en réduisant la dépendance aux produits importés.
Sur le plan social, l’initiative entend réduire les inégalités dans l’accès à l’éducation. Garantir un repas aux élèves, sans distinction, permettrait d’améliorer les conditions d’apprentissage et de favoriser la réussite scolaire. Dans un contexte où la précarité pousse encore de nombreux enfants, notamment les jeunes filles, à abandonner l’école, cette mesure pourrait constituer un facteur déterminant de maintien dans le système éducatif.
Déposée ce vendredi au bureau de l’organe délibérant, la proposition d’édit suivra désormais la procédure législative. Elle sera examinée en séance plénière pour un débat général et son éventuelle recevabilité, avant d’être renvoyée en commission pour une analyse approfondie article par article. À l’issue de ce processus, le texte reviendra en plénière pour son adoption ou son rejet.
Si cet édit est adopté, le Kasaï-Central rejoindra le cercle encore restreint des provinces disposant d’un cadre légal spécifique en matière d’alimentation scolaire.
Faustin Nkumbi
