Politique
RDC : le RSD soutient le dialogue national inclusif et met sur la table son « new deal congolais »
Le Rassemblement pour la Souveraineté et la Démocratie (RSD) soutient la démarche du président Félix-Antoine Tshisekedi en faveur d’un dialogue national inclusif et propose un cadre de réflexion autour de huit piliers pour refonder l’État congolais. Dans un discours officiel signé à Kinshasa le 10 novembre 2026, le président national du parti, le Dr Ivan Ilunga Ngindu, présente le « New Deal congolais » comme une contribution à la recherche de solutions aux crises politique, sécuritaire, économique et sociale que traverse la République démocratique du Congo.
Pour cette formation politique, le dialogue doit constituer une occasion de repenser le fonctionnement des institutions, de restaurer la confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics et de jeter les bases d’un nouveau pacte social.
Le parti dresse un constat de crise généralisée
Dans sa déclaration, le RSD décrit une crise qu’il qualifie de systémique, touchant plusieurs secteurs de la vie nationale. Il pointe notamment les difficultés de gouvernance, les inégalités économiques, l’insécurité persistante dans l’Est du pays, la perte de confiance envers la justice et les défis liés à l’éducation et aux valeurs sociales.
Le parti déplore également ce qu’il considère comme une rupture du lien de confiance entre le peuple, détenteur de la souveraineté, et les institutions de la République. Face à cette situation, il estime qu’un changement d’approche s’impose, tant dans la conduite des affaires publiques que dans la planification du développement national.
Le RSD affirme toutefois que cette refondation ne saurait se réaliser dans l’exclusion ou la confrontation entre camps politiques. Il préconise une démarche fondée sur les concessions mutuelles et le principe de « ni vainqueurs, ni vaincus ».
Huit priorités pour reconstruire l’État
Le « New Deal congolais » proposé par le RSD repose sur huit piliers que le parti présente comme les fondements d’un dialogue national inclusif.
Le premier vise la préservation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la RDC. Le deuxième porte sur la réforme institutionnelle et constitutionnelle, avec l’objectif de disposer d’institutions légitimes, solides et responsables devant les citoyens.
Sur le plan économique, le troisième pilier privilégie la transformation locale des ressources naturelles, l’industrialisation et la création d’emplois. Le quatrième est consacré à la sécurité et à la défense nationale, avec la proposition de bâtir une armée professionnelle et républicaine, capable de contribuer à la stabilisation durable de l’Est.
Le cinquième axe associe justice, vérité et réconciliation. Le RSD plaide pour une réforme de l’appareil judiciaire et pour la mise en place d’un mécanisme national de vérité et de réconciliation, estimant que la paix durable nécessite une réponse aux injustices.
Le sixième pilier concerne le développement du capital humain, à travers des investissements dans l’éducation, la santé et la jeunesse. Le septième met l’accent sur l’aménagement du territoire et l’application effective de la décentralisation, notamment dans les 145 territoires du pays.
Enfin, le huitième pilier propose une diplomatie axée sur la défense des intérêts congolais et africains, dans une perspective de souveraineté et de panafricanisme.
Un appel à dépasser les intérêts partisans
Au-delà de ces propositions, le RSD appelle les Congolais, tant à l’intérieur du pays qu’au sein de la diaspora, à participer à la réflexion sur l’avenir de la nation. Le parti considère que le dialogue ne doit pas être réduit à des arrangements entre responsables politiques, mais qu’il doit permettre à la population de prendre part à la refondation nationale.
Il présente son « New Deal congolais » comme une contribution destinée à nourrir les discussions et à orienter les réformes attendues. Le RSD insiste sur la nécessité de faire de l’unité nationale, de la justice, de la sécurité et du développement des priorités communes.
Signée à Kinshasa le 10 novembre 2026 par son président national, le Dr Ivan Ilunga Ngindu, cette déclaration formalise la position du parti en faveur d’un dialogue national inclusif et d’une refondation de l’État.
Félicien MK | CONGOPROFOND.NET