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RDC : Le RSD Ivan Ilunga rejette le dialogue de la C64 et réclame un nouveau mandat de 10 ans pour Tshisekedi

Le Rassemblement pour la Souveraineté et la Démocratie (RSD) conteste la démarche de dialogue national portée par la Coalition Article 64 (C64), qu’il accuse de reléguer au second plan la question de la souveraineté nationale. Son président national, le docteur Ivan Ilunga, propose plutôt un « New Deal congolais » et plaide pour un nouveau mandat de dix ans en faveur de Félix Tshisekedi, a-t-on appris ce mercredi 28 octobre 2026.

Le parti s’oppose à l’orientation défendue par la Coalition Article 64 (C64) dans sa déclaration finale publiée à l’issue de son conclave tenu à Rome, en Italie, du 25 au 27 octobre 2026.

Pour cette formation politique, la priorité doit rester la défense de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par l’occupation de certaines zones du territoire national par l’AFC/M23.

Le RSD reproche à la C64 de privilégier la recherche d’un dialogue politique inclusif sans, selon lui, condamner avec suffisamment de fermeté l’occupation du territoire congolais. Le parti associe également cette question aux responsabilités qu’il impute à l’ancien président Joseph Kabila.

Dans sa déclaration, la C64 a notamment insisté sur le respect de la Constitution, la préservation de l’intégrité territoriale et la nécessité d’un dialogue national inclusif pour sortir le pays de la crise politique et sécuritaire. La coalition a également annoncé son intention de rencontrer séparément le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et son prédécesseur Joseph Kabila.

Cette démarche ne convainc pas Ivan Ilunga. Pour le président national du RSD, aucune négociation politique ne peut se substituer à une position claire sur la défense du territoire national. Il estime que la recherche d’un compromis ne devrait pas conduire à banaliser l’occupation d’une partie du pays.

Le RSD appelle à désavouer la C64

Face à cette orientation, Ivan Ilunga appelle les Congolais à désavouer publiquement la C64 et à ne pas accorder de crédit à sa démarche tant que la question de la souveraineté nationale ne sera pas, selon lui, placée au premier rang des priorités.

Le responsable du RSD considère que la défense des intérêts supérieurs de la nation doit primer sur les calculs politiques et les négociations entre acteurs. À ses yeux, la recherche d’une solution à la crise congolaise doit d’abord s’appuyer sur la préservation de l’intégrité territoriale et le refus de toute banalisation de l’occupation.

Cette prise de position marque une divergence avec la stratégie de la C64, qui entend favoriser des consultations entre les principales figures politiques congolaises afin de rechercher une issue négociée à la crise.

Un « New Deal congolais » comme alternative

Au-delà de ses critiques, Ivan Ilunga défend une autre approche du dialogue national, qu’il présente sous l’appellation de « New Deal congolais ».

Cette proposition vise, selon lui, à encourager les Congolais à prendre leurs responsabilités historiques, à repenser leur avenir politique et à construire une nouvelle dynamique nationale. Le président du RSD estime que les solutions aux problèmes du pays doivent être élaborées en tenant compte des intérêts fondamentaux de la République démocratique du Congo.

À travers cette vision, il appelle à une démarche politique qui permette aux Congolais de définir eux-mêmes les orientations essentielles de leur avenir, plutôt que de limiter les discussions à un rapprochement entre les principales personnalités politiques.

Toutefois, les contours précis de ce « New Deal congolais », ses mécanismes de mise en œuvre et les acteurs appelés à y participer ne sont pas détaillés dans les éléments présentés par le parti.

Ivan Ilunga plaide pour 10 années supplémentaires pour Tshisekedi

L’autre proposition défendue par le président national du RSD concerne l’avenir politique de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ivan Ilunga plaide pour l’octroi d’un nouveau mandat de dix ans au chef de l’État, estimant qu’une période supplémentaire lui permettrait de poursuivre son action à la tête du pays.

Cette proposition constitue un élément central de la vision politique défendue par le RSD. Elle intervient alors que le débat sur le respect de la Constitution, la durée des mandats présidentiels et les échéances électorales demeure sensible en République démocratique du Congo.

Il convient toutefois de distinguer cette revendication politique du cadre constitutionnel en vigueur. La Constitution congolaise limite le nombre de mandats présidentiels et protège cette limitation contre la révision, conformément à son article 220. La proposition d’Ivan Ilunga ne constitue donc pas, en elle-même, une modification des règles constitutionnelles.

En rejetant la démarche de la C64, le RSD entend ainsi imposer une lecture de la crise centrée sur la souveraineté nationale, tout en avançant une vision politique favorable à la continuité de Félix Tshisekedi au pouvoir.

Félicien MK | CONGOPROFOND.NET

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