À la Une
RDC: le projet du Budget 2020 sera de nouveau examiné au conseil des ministres ce vendredi
Il s’est tenue le mardi 01 octobre 2019 la désormais traditionnelle réunion de conjoncture économique présidée par le Premier ministre Ilunga Ilunkamba à la Primature.
À cette occasion, le projet du Budget pour l’exercice 2020 a été à nouveau examiné au cours de cette réunion.
A ce sujet, le VPM en charge du Budget Jean Baudouin Mayo a fait savoir que l’option sera levée définitivement au cours du Conseil des ministres de ce vendredi avant son dépôt au bureau de l’Assemblée Nationale.
Le ministre d’Etat en charge de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, WILLY Bakonga, sur demande du Premier Ministre, a exposé les faits constatés dans les écoles publiques, depuis la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire en RDC. Sur ce dossier, le Vice-premier ministre en charge du Budget a annoncé que lors du prochain Conseil des ministres, de nouveaux ajustements et mesures d’encadrement seront présentés et analysés.

Jean Baudouin Mayo
‘’Nous avons aussi examiné quelques priorités liées à la défense de notre pays pour la sécurité à l’Est. Mais aussi la note du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo sur le financement du déficit du troisième trimestre 2019 parce que l’exercice se solde par un déficit‘’, a laissé entendre Jean Baudouin Mayo.
De ce fait, le gouvernement s’engage à couvrir ce déficit, car cela peut avoir des répercussions fâcheuses jusqu’à la fin de l’année 2019.
Les Vice-Premiers Ministres du Budget, Jean Baudouin Mayo, Elysée Munembwe en charge du Plan, les Ministres d’Etat à l’EPST, Willy Bakonga, le ministre de la Défense Nationale, Aimé Ngoy, le Vice-ministre des Finances, Junior Mata, ainsi que le délégué de la Banque Centrale du Congo ont tous participé à cette séance de travail.
Muamba Clément/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité
Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.
Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante
Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.
Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.
Les failles du système judiciaire actuel
Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.
La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.
Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.
Les conditions d’une justice crédible
Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.
Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.
Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.
Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.
Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
