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RDC : » Le partenariat Trafigo-DGDA a permis de maximiser les recettes douanières à Kasumbalesa »( Daniel Safu, député national)
Dans une conférence de presse tenue le 6 août à Limete/Kinshasa, le député national Daniel Safu a encouragé le partenariat entre la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et la société Trafigo, dans l’organisation des activités de la douane au poste frontalier de Kasumbalesa, dans le Katanga. Pour lui, cette collaboration qui peut couvrir tous les postes de la DGDA à travers le pays, peut donner au gouvernement les moyens de sa politique, en mobilisant davantage les recettes.
Justifiant sa démarche, cet élu du peuple a renseigné qu’il s’agit d’une contribution au travail de contrôle parlementaire. « En tant que parlementaire, nous sommes là non seulement pour charger mais également pour encourager ceux qui travaillent bien », a-t-il expliqué.
Relevant les progrès réalisés dans ce poste frontalier dans les activités de la douane, Daniel Safu a relevé qu’ « avant Trafigo est différent de l’ère où cette entreprise travaille avec la DGDA » et rassure sur la mobilisation des recettes. « Nous avons besoins des recettes pour notre budget et le développement du pays ainsi que le bien-être de la population. Avec la numérisation des services de la douane à Kasumbalesa, nous sommes rassurés sur le caractère objectif des opérations ainsi que sur la mobilisation des recettes », a-t-il martelé.
*Une offre gagnée en bonne et due forme*
Citant les résultats des enquêtes menées à la suite de la question orale avec débat par lui adressée aux responsables de la DGDA, Daniel Safu signe et persiste que la société Trafigo existe bel et bien. « Ce n’est pas une société fictive, comme d’aucuns voudraient le faire entendre », a-t-il souligné. Et du marché acquis pour gérer ce poste frontalier, le député renseigne que la société a acquis cette offre en bonne et due forme, en passant par les voies dont la publicité ne fait l’ombre d’aucun doute. Mû par l’intérêt du peuple, a-t-il expliqué, j’avais voulu comprendre ce qui se passe dans ce poste frontalier. En menant mes enquêtes personnelles dans le cadre de mon travail de parlementaire, j’ai découvert beaucoup de réalités qui m’amènent à encourager ce partenariat entre la DGDA et Trafigo.
Avec cette entreprise, a-t-il poursuivi, il y a mobilisation des recettes et c’est l’Etat qui gagne.
A en croire le député, à ce jour, plusieurs réalisations peuvent ainsi être mises à l’actif de ce solide partenariat DGDA-Trafigo dont l’augmentation de la capacité d’accueil des parkings (1 200 camions à l’import contre 250 et 500 contre 150 à l’export pour une évacuation de deux mille camions par jour) répondant ainsi aux attentes présentes et futures. Il y a également l’augmentation du circuit des voies d’évacuation et leur réhabilitation, ainsi que l’amélioration du dispositif sécuritaire : acquisition de deux camions anti-incendie, d’une dépanneuse, d’une ambulance, des caméras de surveillance et d’un room control à accès limité.
Les autres avancées constatées sont notamment la mise en place du premier portique électronique d’Afrique centrale composé d’antennes RFID (poste de capture d’information radar) et de lecteurs à distance des plaques pour le contrôle instantané du flux, avec une vitesse de lecture de six secondes par plaque, la création d’un marché sous douane qui permettra à la population locale de s’approvisionner en produits de première nécessité du côté congolais évitant la fuite des devises vers la Zambie et permettre ainsi à la douane d’éradiquer la contrebande (phénomène bilanga) ; ainsi que l’arrimage électronique pour la gestion optimisée des files par ordre de priorité des entrées et des sorties (panneau d’affichage disponible) pour une meilleure prise en charge et l’exécution rapide des procédures requises pour la traversée de la frontière. Mais également la construction des bureaux modernes de la douane et de tous les services de l’ordre opérationnel adaptés aux standards internationaux, de sanitaires, de restaurants, etc.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité
Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.
Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante
Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.
Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.
Les failles du système judiciaire actuel
Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.
La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.
Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.
Les conditions d’une justice crédible
Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.
Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.
Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.
Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.
Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
