Politique
RDC : le PALU demande à Joseph Kabila de renoncer aux armes
Le Parti lumumbiste unifié (PALU) appelle l’ancien président de la République, Joseph Kabila, à renoncer à la lutte armée et exhorte Félix Tshisekedi à faire avancer le processus de dialogue national pour sortir la République démocratique du Congo (RDC) de la crise sécuritaire.
Dans une déclaration politique du vendredi 16 octobre 2026, lue par le secrétaire permanent et porte-parole du parti, Anicet Mifia, à l’issue d’une réunion conjointe entre le comité exécutif et le bureau politique, le parti cher à Antoine Gizenga met en garde contre le risque d’une aggravation du conflit, susceptible de provoquer un affrontement entre Congolais et de menacer l’intégrité territoriale du pays, avec la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila et comptant dans son entourage d’anciens dirigeants de l’AFC/M23.
Le parti estime que le changement de nom et de dirigeants ne modifie pas fondamentalement la nature du conflit. Pour cette formation politique, l’une des plus anciennes encore en activité en RDC, le FRN poursuit l’agression étrangère contre le pays. Elle redoute que le maintien de l’option militaire n’entraîne une intensification des combats, une fragmentation de la société congolaise, des crimes graves, des catastrophes humanitaires et un recul de la démocratie.
Le PALU met également en garde contre le risque de voir l’agression extérieure se transformer en un affrontement généralisé entre Congolais, une évolution qui, selon lui, accentuerait les menaces de balkanisation du pays. Fort de ses 62 ans d’existence, il appelle les nationalistes et les patriotes à se mobiliser contre toute escalade de la violence. Il invite également la population congolaise, les pays africains et la communauté internationale à agir pour préserver l’intégrité territoriale de la RDC.
S’adressant directement à Joseph Kabila, le PALU lui demande instamment de renoncer à la voie des armes. Le parti estime que l’ancien chef de l’État, qui a dirigé le pays pendant dix-huit ans, ne peut aujourd’hui contribuer à sa destruction ni devenir, selon les termes de la déclaration, le « fossoyeur » ou le « bourreau » de son peuple. Pour appuyer son appel à la retenue, il invoque un adage selon lequel, quel que soit le niveau de colère d’un enfant, celui-ci ne peut aller jusqu’à déshabiller son parent.
Dans le même temps, le PALU encourage le président Félix Tshisekedi à faire usage de ses prérogatives constitutionnelles pour faire avancer le processus de dialogue national. Pour cette formation politique, ces concertations doivent permettre de rechercher des solutions consensuelles afin de renforcer l’unité nationale, de préserver l’intégrité territoriale et de mettre fin à l’agression rwandaise ainsi qu’aux conflits internes.
Le parti considère que le dialogue doit notamment déboucher sur des engagements en faveur de la paix, du vivre-ensemble, de l’unité nationale et de la justice distributive. Il entend ainsi privilégier une démarche politique susceptible de rapprocher les différentes parties et de répondre aux causes des tensions qui fragilisent le pays.
Le PALU plaide également pour la mise en œuvre effective des mécanismes diplomatiques existants. Il cite notamment les processus de Doha et de Washington, ainsi que la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon lui, l’application de ces dispositifs doit contribuer à réduire les marges de manœuvre des acteurs qu’il qualifie de « marchands de guerre », des réseaux impliqués dans le pillage des ressources naturelles et des partisans de la balkanisation de la RDC.
Au-delà du dialogue national et des initiatives diplomatiques, le parti sollicite de l’Union africaine et des Nations unies des actions concrètes. Il demande le renforcement des sanctions ciblées contre les soutiens de ce qu’il qualifie d’agression contre la RDC, ainsi que contre les responsables de graves violations des droits humains. Il appelle également à l’application effective de la résolution 2773, grâce à des pressions diplomatiques soutenues des organisations et des puissances africaines et internationales.
Le PALU insiste par ailleurs sur la nécessité de soutenir une médiation africaine fondée sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Il réclame aussi la fin des circuits d’exportation illicite des minerais provenant des zones occupées, estimant que ces réseaux contribuent au financement de la guerre.
La formation politique met également en garde les acteurs régionaux et les réseaux de prédation minière qu’elle accuse d’attiser les discours discriminatoires et les messages de haine, susceptibles d’exacerber les divisions entre Congolais. Elle estime que ceux qui entretiennent un climat de confrontation entre les citoyens d’un même pays devront répondre devant l’Histoire des conséquences de leurs actes.
Enfin, le PALU annonce son engagement à mobiliser ses militants sur l’ensemble du territoire national en faveur de l’unité nationale et contre la violence. Il se dit également disposé à soumettre des propositions concrètes dans le cadre du dialogue national, dans l’objectif d’accélérer le retour de la paix et de préserver l’intégrité territoriale de la RDC.
Cellule de Communication / PALU