Sécurité
RDC : Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Évariste Somo, signe un accord interprovincial avec ses homologues du Sud-Kivu et du Maniema à Kolwezi
Les gouverneurs des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema — respectivement le Général-Major Évariste Somo Kakule, Jean-Jacques Purusi et Moïse Mussa Kabwankubi — ont signé un accord de coopération dénommé “Cadre permanent de coopération interprovinciale”, ce samedi 14 juin 2025 à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba.
Cet engagement vise à renforcer la collaboration dans plusieurs domaines stratégiques d’intérêt commun afin d’améliorer la gouvernance locale et de favoriser des initiatives conjointes pour le développement durable de l’espace Grand Kivu. Ce cadre s’inscrit pleinement dans la vision du Chef de l’État, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi.
L’accord couvre un large éventail de secteurs clés : paix et sécurité, santé, mines, finances, économie, commerce, agriculture, pêche, élevage, développement rural, énergie, industrie, fiscalité, lutte contre la fraude, planification, éducation, transport, environnement, développement durable, infrastructures, assainissement, numérique et tourisme. C’est ce qu’indique la cellule de communication du gouverneur militaire Évariste Somo.
Alors que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu restent sous la menace persistante des rebelles du M23/AFC soutenus par le Rwanda (RDF), et que le Maniema est dans le viseur de ces mêmes groupes, cet accord marque une volonté commune de mobilisation et de résilience face aux enjeux sécuritaires et humanitaires.
Un élément central de cet accord est la création d’une caisse de solidarité et de coopération interprovinciale, alimentée par les contributions des trois provinces. Cette caisse financera des projets d’intérêt commun, afin de renforcer la synergie régionale et d’optimiser les ressources disponibles pour le développement du Grand Kivu.
Cet accord a été signé dans le cadre de la 12e session de la Conférence des gouverneurs de la RDC, qui se tient actuellement à Kolwezi.
Gerlance Sengi, CongoProfond.net
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
