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Culture

RDC : Le Dr Lohanga Konga Jospin lance une Masterclass sur les vertus et les enseignements authentiques de culture du pays 

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Dans une réflexion consacrée à la renaissance spirituelle et culturelle africaine, le Dr Lohanga Konga, archéologue africain, chercheur spécialisé dans les traditions spirituelles africaines, Ambassadeur spirituel itinérant de Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani et président du Centre de recherche d’art Kimbangu-LK Unity Group, présente les fondements d’une Masterclass dédiée aux vertus, aux enseignements et à la vision civilisationnelle du kimbanguisme, lors d’un échange avec la rédaction de Congoprofond ce samedi 13 juin, sur la Culturelle et Spiritualité, Identité et Décolonisation mentale, lesquelles sont les fondements de l’actuel mfumua Nlongo Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani de

Nkamba Nouvelle Jérusalem ville sainte

À travers cette initiative, le chercheur entend mettre en lumière la portée spirituelle, culturelle et identitaire de l’héritage porté par Sa Divinité Papa Simon Kimbangu, qu’il considère comme un vecteur de restauration des valeurs ancestrales africaines et de réappropriation culturelle.

La langue, fondement de la liberté des peuples

Au cœur de son analyse, le Dr Lohanga accorde une place centrale à la question linguistique. Selon lui, la langue constitue bien plus qu’un simple outil de communication : elle représente la mémoire collective, la pensée, la culture et la souveraineté d’un peuple.

« Celui qui contrôle la langue contrôle la pensée. Celui qui libère la langue libère la nation », affirme-t-il.

Dans cette perspective, il met en avant le rôle du Kikongo Dia Ntotila, présenté comme la langue historique du Royaume Kongo et comme un puissant instrument de transmission spirituelle, culturelle et identitaire.

Pour le chercheur, la valorisation des langues africaines demeure une étape essentielle dans la reconstruction de la conscience collective et dans la lutte contre l’aliénation culturelle héritée de la colonisation.

Une vision panafricaine fondée sur les langues nationales

S’appuyant sur les principes de l’univers deLohanga livre sacré (CRAK) et de LK Unity Group, le Dr Lohanga développe une approche reposant sur les quatre grandes langues nationales de la République démocratique du Congo.

Le Kikongo Dia Ntotila est présenté comme la langue royale et spirituelle, destinée aux grandes proclamations et à la diplomatie culturelle.

Le Swahili est envisagé comme la langue de l’intégration économique et des échanges régionaux au sein de l’espace des Grands Lacs.

Le Lingala apparaît comme une langue de cohésion nationale et de communication populaire.

Le Tshiluba, quant à lui, est associé à la sagesse, à la médiation et à la transmission philosophique.

Selon cette vision, les langues internationales telles que le français, l’anglais, l’arabe, le chinois, le russe ou l’espagnol doivent servir d’outils de coopération avec le monde, tandis que les langues nationales demeurent les fondements de l’identité et de la gouvernance culturelle.

Le projet « Quatre langues, une nation »

Pour concrétiser cette ambition, le Dr Lohanga propose la mise en place du programme « Quatre langues, une nation ».

Parmi les actions envisagées figurent :

La création d’une Académie des Ambassadeurs de Nkamba destinée à promouvoir l’apprentissage du Kikongo Dia Ntotila ;

L’élaboration d’une charte favorisant l’usage des langues nationales dans les structures communautaires ;

La traduction des textes fondamentaux et des documents stratégiques en Kikongo, Lingala, Swahili et Tshiluba afin de les rendre accessibles à toutes les couches de la population.

L’objectif est de rapprocher les citoyens des mécanismes de gouvernance et de renforcer l’inclusion culturelle à travers une meilleure accessibilité linguistique.

Sa divinité, Papa Simon Kimbangu Kiangani, symbole d’une renaissance spirituelle africaine authentique

Pour le Dr Lohanga, l’œuvre de Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani dépasse largement le cadre religieux. Elle s’inscrit dans une vision globale de renaissance spirituelle, morale et culturelle fondée sur la dignité humaine, la paix, la non-violence, le respect des traditions et la valorisation des savoirs africains.

Selon lui, cette démarche constitue un modèle de résistance pacifique face aux différentes formes de domination culturelle et un appel à la redécouverte des fondements civilisationnels africains.

Une invitation à la reconquête de l’identité africaine

En conclusion, le Dr Lohanga Konga invite la jeunesse africaine, les chercheurs, les responsables communautaires et les leaders spirituels à participer activement à la préservation et à la promotion du patrimoine culturel africain.

Pour lui, le développement durable du continent passe nécessairement par une réconciliation avec son histoire, ses langues, ses traditions et sa spiritualité.

Cette Masterclass se veut ainsi un espace de réflexion, de transmission et d’inspiration destiné à promouvoir une Afrique consciente de son héritage, fière de son identité et résolument tournée vers l’avenir. « Un peuple qui connaît sa langue connaît son histoire. Un peuple qui connaît son histoire retrouve sa dignité. Un peuple qui retrouve sa dignité devient maître de son destin », a-t-il déclaré.

Barca Horly Fibilulu Mpia

Culture

« Le Poète » de Tata N’longi sous le regard critique de Benjamin Masiya : entre force thématique et fragilité dramaturgique

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Le slameur et analyste culturel Benjamin Masiya livre une lecture critique de Le Poète, une œuvre saluée pour son engagement mémoriel mais qu’il estime encore inachevée sur le plan dramaturgique. Dans un paysage littéraire où les applaudissements précèdent parfois l’analyse, le slameur congolais Benjamin Masiya invite à un retour aux fondamentaux de l’écriture théâtrale. À travers une note de lecture détaillée consacrée à Le Poète de Tata N’longi Biatitudes, il salue l’ambition de l’auteur tout en mettant en lumière plusieurs insuffisances structurelles qui, selon lui, empêchent encore le texte d’atteindre le statut de véritable pièce de théâtre.

L’œuvre, publiée cette année, met en scène un personnage nommé « Le Poète », possiblement ancien militaire, confronté à une jeune femme convaincue qu’il pourrait être son père. Sur fond des massacres de Beni et des violences qui ont marqué l’Est de la République démocratique du Congo, le texte aborde des questions de mémoire, de filiation et de responsabilité historique.

Pour Benjamin Masiya, la richesse du sujet ne suffit cependant pas à garantir l’efficacité dramatique de l’ensemble.

Une critique qui se veut constructive

Dès les premières lignes de sa note, le critique prend soin de préciser sa démarche. Il ne s’agit ni de remettre en cause la pertinence du projet artistique ni de minimiser le courage de l’auteur.

« Nous applaudissons l’auteur pour avoir osé peindre, à travers le livre, un pays dont l’espace intellectuel et littéraire se fragilise de jour en jour », écrit-il.

Son analyse se concentre exclusivement sur les mécanismes dramaturgiques de l’œuvre, en s’appuyant sur les enseignements de spécialistes du théâtre ainsi que sur plusieurs références théoriques majeures.

Les cinq piliers du drame classique

Selon la tradition dramaturgique enseignée dans plusieurs écoles de théâtre, une œuvre dramatique repose généralement sur :

– L’exposition ;

– Le nœud ;

– Le conflit ;

– Le climax (ou apogée dramatique) ;

– Le dénouement.

Pour Benjamin Masiya, Le Poète ne parvient pas encore à développer pleinement cette architecture.

Premier reproche : un conflit qui n’évolue pas

L’une des principales réserves formulées concerne l’absence de progression du conflit dramatique.

Alors que la quête identitaire de la jeune femme constitue le moteur de l’histoire, celle-ci resterait, selon lui, enfermée dans une répétition de questionnements sans véritable transformation de la situation.

Le critique mobilise notamment les travaux du théoricien allemand Peter Szondi pour souligner que le dialogue, dans une œuvre dramatique, doit produire de l’action et non se limiter à l’échange d’idées.

À ses yeux, plusieurs passages du texte privilégient la réflexion philosophique au détriment de la progression dramatique, ce qui réduit la montée de tension et affaiblit l’émergence d’un véritable climax.

Quand le discours prend le pas sur l’action

Autre point soulevé : la prédominance du discours. Dans sa note, Benjamin Masiya estime que les longues tirades philosophiques du personnage principal ralentissent considérablement le rythme dramatique.

S’appuyant sur les réflexions de Patrice Pavis et de Bertolt Brecht, il rappelle que le dialogue théâtral ne doit pas seulement exprimer une pensée mais aussi provoquer des changements concrets dans la situation scénique.

Selon lui, les personnages de Le Poète parlent beaucoup mais agissent peu. « Les décisions sont rares, les situations évoluent peu et la dramaturgie en est fragilisée », résume-t-il.

Des personnages qui restent immobiles

La critique s’étend également à la construction psychologique des personnages.

Dans la dramaturgie classique, l’évolution intérieure des protagonistes constitue un élément fondamental. Or, Benjamin Masiya observe que ni Le Poète ni la jeune femme ne connaissent de transformation significative au fil de l’intrigue.

Le premier conserve une posture réflexive constante tandis que la seconde demeure prisonnière de sa quête initiale.

Cette stabilité excessive empêcherait l’apparition d’une véritable catharsis et réduirait l’impact émotionnel du dénouement.

Poésie du langage contre poésie de l’action

L’analyse s’intéresse ensuite à la dimension poétique du texte. Pour Benjamin Masiya, Tata N’longi démontre une réelle maîtrise du langage poétique. Toutefois, cette qualité constituerait paradoxalement une limite lorsqu’elle n’est pas relayée par une dynamique scénique suffisamment forte.

En s’appuyant sur les travaux d’Antonin Artaud et de Jacques Lecoq, il rappelle que la poésie théâtrale ne se construit pas uniquement par les mots, mais aussi par le corps, les silences, l’espace et le mouvement.

Selon lui, Le Poète privilégie excessivement le texte au détriment de ces autres composantes fondamentales du spectacle vivant.

Une violence omniprésente mais peu structurante

Les massacres et les violences de l’Est congolais occupent une place importante dans l’œuvre.

Si Benjamin Masiya reconnaît la légitimité de ce choix thématique, il estime que cette violence demeure davantage illustrative que dramaturgique.

Dans son analyse, il explique que les scènes évoquant la guerre ou les massacres ne produisent pas suffisamment de conséquences sur l’évolution des personnages ou sur la progression de l’action.

Le résultat serait une répétition de situations tragiques qui finissent par perdre de leur efficacité dramatique.

Le sous-texte, grand absent du récit

La dernière critique majeure porte sur l’absence de sous-texte. En référence aux enseignements de Constantin Stanislavski, Benjamin Masiya rappelle que la force du théâtre moderne réside souvent dans ce qui n’est pas dit.

Or, dans Le Poète, les personnages exprimeraient directement leurs intentions, leurs émotions et leurs pensées. « Tout est étalé à nu », observe-t-il.

À l’inverse, il cite plusieurs œuvres théâtrales où le non-dit constitue un moteur dramatique essentiel, notamment La Cerisaie d’Anton Tchekhov, L’Évangile du Griot de Nzey Van Musala ou encore Vumilia de Pat Le Gourou.

Analyse | Une œuvre à la frontière entre théâtre et prose poétique

Au terme de sa lecture, Benjamin Masiya propose une conclusion nuancée.

Pour lui, Le Poète demeure une œuvre importante par son engagement mémoriel et la pertinence des questions qu’elle soulève. Toutefois, il considère qu’elle s’apparente davantage à une prose poétique dialoguée qu’à une pièce de théâtre pleinement accomplie.

Il appelle ainsi à un travail de réécriture ou d’adaptation susceptible de renforcer les mécanismes dramaturgiques du texte.

« Cette note n’enlève rien à la valeur du projet artistique », précise-t-il, « mais souligne la nécessité d’un ajustement des outils dramaturgiques afin de renforcer son efficacité théâtrale ».

Au-delà de la critique, Benjamin Masiya tend finalement la main à l’auteur en sollicitant une rencontre professionnelle qui pourrait déboucher sur un échange approfondi, voire sur une future mise en scène du texte.

À retenir

Les principales réserves formulées par Benjamin Masiya :

– Absence de progression du conflit dramatique; Prédominance du discours sur l’action;

– Faible évolution des personnages;

– Déséquilibre entre poésie du langage et théâtralité;

– Usage peu structurant de la violence;

– Manque de sous-texte et de non-dit

Son verdict : le Poète est un texte à forte portée poétique et mémorielle, mais qui nécessiterait une réécriture dramaturgique pour devenir, selon lui, une pièce de théâtre pleinement aboutie.

Barca Horly Fibilulu Mpia

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