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RDC : Le chef d’ état major de l’armée Rwandaise à Kinshasa
Le chef de l’ armée rwandaise (RDF), le général Patrick Nyamvumba a été reçu ce vendredi 10 mai par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Le Numéro 1 de l’armée Rwandaise a rendu un vibrant hommage au Chef de l’État.
Il lui a félicité pour les « efforts entrepris dans la coopération » entre les armées de leurs deux pays.
Il a été conduit par son homologue des forces armées de la République démocratique du Congo (RDC), le général d’armée , Mbala Munsese. La rencontre a eu lieu à la cité de l’Union Africaine.

« Nous sommes venus ici pour rendre hommage a monsieur le président de la République et lui remercier des efforts des FARDC et de la coopération entre nos deux armées et lui donner aussi les salutations du président de la République rwandaise », a déclaré l’officier rwandais au sortir de l’entretien avec le président de la République.

« Nous sommes des voisins et en tant que voisins nous devrions renouveler nos engagements sur le plan de la coopération de manière à ce que nous puissions nous sécuriser mutuellement et améliorer les relations entre nos deux armées », a déclaré le lieutenant – général , Célestin Mbala Munsense , chef d’Etat – major général des FARDC.
Renouveler les engagements de manière à ce que « nous poussions rassurer la population pour que la paix s’installe et qu’on élague l’insécurité de manière à permettre le développement de notre sous région », a ajouté le chef de l’armée congolaise.
Le Rwanda et la RDC ont affirmé dernièrement vouloir tourner la page des années sombres de la guerre et des rébellions.
Plusieurs fois, le Rwanda a été pointé du doigt et accusé de soutenir certains groupes armés opérant en RDC.
La Belgique n’est pas en reste
La Belgique va dépêcher à Kinshasa, du dimanche 12 au mercredi 15 mai prochain, son ambassadeur Renier Nijskens, envoyé spécial pour la Région des Grands lacs et le général major Philippe Boucké, adjoint du chef de l’état-major de la Défense pour une mission officielle, a annoncé la diplomatie belge.
Les deux personnalités seront chargées par le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères et Européennes, Didier Reynders, pour “nouer des contacts avec les nouvelles autorités et l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile, redynamiser les relations bilatérales et examiner ensemble comment la Belgique pourrait contribuer au mieux à accompagner la RDC vers les changements souhaités par la population congolaise ”.
Les visites des hautes personnalités des armées rwandaise et belge illustrent le dynamisme de la coopération menée récemment par le Chef de l’État et le retour de la RDC dans le concert des nations.
TMB/ CONGOPROFOND.NET
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
