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RDC: l’ancien ministre Willy Kitobo accusé d’avoir octroyé frauduleusement des titres miniers à des personnes morales travaillant sous coulisse des Chinois et Indo-Pakistanais

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Deux ans durant, Willy Kitobo Samsoni, ministre des Mines fraîchement sorti du gouvernement Ilunga Ilunkamba, a bradé le cobalt, minerai le plus stratégique du monde, en sa faveur en octroyant frauduleusement des titres miniers à des personnes morales n’ayant pas rempli le criterium et travaillant sous coulisse des Chinois et Indo-Pakistanais. Cette révélation est de Cibumba Cibumba Alain, chef des Travaux à l’Université de Kinshasa et expert-géologue au ministère des Mines.

Cet ancien collaborateur du ministre Kitobo a fait savoir, ce mardi 18 mai, à CONGOPROFOND.NET que son « ancien patron » n’a pas du tout mérité d’être ministre national des Mines car, « pendant ses 17 mois passés à la tête de ce grand ministère, il s’est comporté comme un ministre provincial des Mines du Haut-Katanga et Lualaba, avec des actions dirigées pour ses intérêts égoïstes et a négligé d’autres filières notamment : celles de diamant, de l’or et les 3T (Cassitérite, wolframite et Coltan), pour ne se pencher que sur la filière cupro-cobaltifère ».

Révolté par la dernière sortie médiatique du ministre honoraire des Mines sur Top Congo FM, Alain Cibumba se pose quelques questions fondamentales d’évaluation des efforts fournis par Willy Kitobo dans le cadre de ses prérogatives concernant la mise en application de différentes innovations du code minier révisé en 2018 que l’opinion peut consulter à l’exposé des motifs dudit code.  » Prenons par exemple le cas du développement communautaire et la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises minières et/ou des carrières. La disposition relative à la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaire de l’entreprise minière d’exploitation ou de carrière, comme contribution au financement des projets de développement socio-économiques des communautés affectées par les projets miniers et/ou de carrière, contenue à l’article 285 bis et octies, a souffert d’application pendant le règne de cet ancien ministre des Mines, qui devrait prendre conjointement avec la ministre des Affaires Sociales de l’époque, un arrêté interministériel portant manuel des procédures, déterminant les attributions et les modalités de fonctionnement de l’organisme spécialisé chargé de gérer la dotation sus-évoquée », a-t-il regretté.

Puis d’ajouter : Aussi, le même code révisé en son article 285 septies, parle du cahier des charges, qui se définit comme étant un ensemble d’engagements périodiques négociées et pris entre le titulaire de droit minier d’exploitation ou de l’autorisation d’exploitation des carrières permanente et les communautés affectées par le projet minier ou de carrière permanente, pour la réalisation des projets de développement communautaire durable. En tant que tel, le cahier des charges est juridiquement à la fois un contrat et une obligation légale.
A ce jour, plusieurs entreprises susmentionnées n’ont pas encore signé le cahier des charges et l’on se demande quel a été l’apport de monsieur Willy Kitobo pour contraindre les opérateurs miniers et des carrières à appliquer cette disposition cruciale du code minier visant à réaliser les projets de développement convenus au profit des communautés locales affectées par les activités y relatives ?

Concernant la question de l’opérationnalisation du Fonds Miniers pour les générations futures, « FOMIN » institué aux termes des articles 8 alinéa 3 et 8 bis du code minier révisé, cet expert dévoile que Willy Kitobo n’avait jamais soumis cette question à l’approbation du conseil des Ministres.

Par ailleurs, Alain Cibumba a tenu à révéler également à l’opinion que l’autorité de régulation et de contrôle de marché des substances minérales stratégiques (ARECOMS), dont l’ex ministre a fait allusion dans son intervention à la radio, n’a jamais également été soumise par lui-même à l’approbation du conseil des ministres (cfr : Rapport du Secrétariat Général du gouvernement relatif aux dossiers suspendus et non traités par le gouvernement sortant pour la continuité des actions gouvernementales).

Par contre, cet enseignant affirme avoir remarqué, dans plusieurs correspondances, l’existence d’un Directeur Général de l’ARECOMS non encore nommé par le Président de la République que Willy Kitobo avait désigné en violation de la loi.

Pour appuyer ses propos de la gestion scandaleuse des Mines durant le gouvernement de la coalition, il égrène quelques dossiers irréguliers détectés sous le mandat Kitobo :

-Moratoire d’exportation des concentrés accordé aux opérateurs miniers en violation des textes règlementaires ;

-Le retrait de Fonds à la caisse du CEEC sans qualité, dossier en pleine instruction par l’IGF ;

-Moratoire frauduleux accordé au comptoir SAGA sur le renouvellement de son agrément avec non-paiement de la redevance et autres taxes apportant ainsi un manque à gagner dans le compte du trésor public ;

-Plusieurs cas d’arrêtés irréguliers notamment sur l’octroi et le retrait des titres miniers ;

-Engagement de ses proches (cas de sa petite sœur Fanny Kitobo) à la cellule technique de coordination et planification pendant la période restrictive au mouvement du personnel ;

-Paiement des primes du cabinet aux personnes non concernées (Aviseurs). A ce sujet, explique Alain Cibumba, Willy Kitobo devrait faire bien de recherches pour mieux comprendre le rôle d’un Aviseur dans le cadre de la commission nationale de lutte contre la fraude minière.  » Il a, d’ailleurs, utilisé ces aviseurs comme Inspecteurs ARECOMS. Quelle tricherie ! », s’est-il étonné, avant de solliciter l’audit, par l’IGF, de la gestion de la rubrique investissement des fonds pour les services rendus à l’exportation des produits miniers DGDA, rétrocédé au cabinet du ministère des Mines sortant.

-Des suspensions irrégulières et par complaisance du Directeur Général du Cadastre Minier et du Chef de Division de Géologie et Mines du Lualaba.  » Il y a lieu ici de rappeler que cet ancien ministre en mission, s’était arrogé le pouvoir de suspendre le DG du CAMI en lieu et place du ministre intérimaire de l’époque », fait noter l’expert géologue;

-Mise en place des directeurs de l’administration centrale des Mines. Le ministre a permuté un Géologue de la Direction de Géologie pour la Direction de Métallurgie et un Métallurgiste de la Direction de carrières pour la Direction de Géologie.

 » Malgré cela, il prend le courage de se prononcer sur la question de placer les personnes qu’il faut à la place qu’il faut, pendant qu’il fait montre d’une incapacité et d’une complicité de procéder au déclenchement des procédures de déchéance des titres miniers aux détenteurs des droits miniers défaillants ! », a martelé ce spécialiste des Mines.

« S’agissant des activités des entreprises du portefeuille de l’Etat du secteur minier, en occurrence le cas de la MIBA dont il a fait allusion, la question que je rétorque à cet ancien ministre est de savoir ce qu’il a fait des recommandations formulées lors d’une mission d’audit mixte Mines-CEEC à la Miba ? », s’est-il interrogé.

Pour lui, Willy Kitobo fait des bruits pour être nommé mandataire comme Directeur Général au FOMIN comme il l’a fait lors de sa campagne de vulgarisation du code minier révisé, mais sans prendre des actes concrets visant à appliquer les innovations de ce dernier.

Tchèques Bukasa/CONGO PROFOND.NET

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Micheline Ombae Kalama en première ligne : Offensive immédiate contre les VBG au Kasaï-Central

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À peine arrivée ce lundi 20 avril à Kananga, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, n’a accordé aucun répit à son agenda. Animée par une détermination manifeste, elle s’est rendue directement au Centre de formation des policiers et policières pour lancer une action forte de sensibilisation contre les Violences Basées sur le Genre (VBG).

Ce choix stratégique, loin d’être anodin, traduit sa volonté de placer les forces de l’ordre au cœur du dispositif de lutte et de protection des victimes.

Une campagne d’envergure soutenue par la coopération internationale

Cette descente de terrain s’inscrit dans une vaste campagne communautaire visant à prévenir les VBG, renforcer la protection des survivants et améliorer leur accès aux services de prise en charge. Ce programme bénéficie de l’appui financier de KOICA, témoignant de l’engagement des partenaires internationaux aux côtés de la RDC.

À travers cette initiative, la ministre entend non seulement sensibiliser, mais aussi provoquer un changement de comportement durable au sein des communautés.

Un appel ferme à une réponse coordonnée

Face à un auditoire composé d’hommes et de femmes en uniforme, Micheline Ombae Kalama a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective. Elle a rappelé que la lutte contre les VBG exige une réponse coordonnée impliquant tous les acteurs de la chaîne de protection.

Son message est clair : briser le silence, renforcer les mécanismes de dénonciation et garantir une prise en charge efficace des victimes.

Les CISM, piliers de la prise en charge des survivants

La ministre a particulièrement mis en lumière le rôle central des Centres Intégrés de Services Multi-sectoriels (CISM), véritables socles de la stratégie nationale. Ces structures offrent gratuitement une prise en charge holistique aux survivants, incluant :

– des soins médicaux d’urgence,

– un accompagnement psychologique,

– une assistance juridique,

– et des mesures de réinsertion socio-économique.

Pour la ministre, la vulgarisation de ces services est essentielle afin que chaque victime sache où trouver aide et protection.

Les forces de l’ordre, maillon clé de la protection

En choisissant le centre de formation de la police comme point de départ, Micheline Ombae Kalama envoie un signal fort : les policiers et policières doivent être les premiers remparts contre les VBG.

« La lutte contre les VBG ne peut réussir sans une implication totale de ceux qui portent l’uniforme. Vous devez être le rempart des vulnérables et les premiers guides vers les CISM », a-t-elle déclaré.

Le Kasaï-Central au cœur des priorités gouvernementales

Cette mission marque le lancement d’une série d’activités intensives dans le Kasaï-Central, une province où les enjeux liés aux droits des femmes et des enfants restent particulièrement préoccupants.

Par cette action rapide et ciblée, Micheline Ombae Kalama affirme son leadership et sa volonté d’inscrire la lutte contre les VBG parmi les priorités urgentes du gouvernement.

Tyson Mukendi/CONGOPROFOND.NET 

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