L’Association des Femmes Juristes Congolaises (AFEJUCO), avec plusieurs organisations de la société civile, plaide pour la modification de l’article 81 de la loi n°18/035 du 13 décembre 2018, qui encadre notamment l’accès à la contraception irréversible en République démocratique du Congo. La question a été au centre d’une rencontre organisée mardi à l’Hôtel Pullman de Kinshasa.
Selon les participants, la procédure actuellement prévue par la loi impose notamment l’obtention de l’avis écrit de trois médecins et d’un psychiatre avant le recours à une méthode de contraception définitive, comme la ligature des trompes. Une exigence jugée difficile à appliquer, particulièrement dans les provinces où les spécialistes en santé mentale sont peu disponibles.
Les échanges ont été articulés autour de trois exposés. Irène Goyela, intervenant sur le thème « La planification familiale et la contraception irréversible : état des lieux, défis et perspectives », a présenté les principaux défis liés à l’accès à ces méthodes, en s’appuyant notamment sur l’expertise du Programme national de santé de la reproduction (PNSR). Le médecin neuropsychiatre, Dr Abraham, a pour sa part analysé les difficultés liées à l’exigence d’un avis psychiatrique, en mettant en avant la faible disponibilité des psychiatres à l’intérieur du pays. Enfin, la Dr Césarine Mapendo, consultante, a présenté les résultats d’une étude de l’AFEJUCO sur l’accès à la contraception irréversible et les difficultés rencontrées par les patientes.
À l’issue de ces interventions, le député national Olivier Kabeya a présenté sa proposition de loi modifiant et complétant la loi n°18/035. Le texte propose notamment de revoir la procédure actuelle afin de faciliter l’accès à la contraception irréversible. En l’absence de psychiatre, l’évaluation de la santé mentale pourrait notamment être assurée par un psychologue clinicien ou un infirmier formé en santé mentale. La rencontre s’est poursuivie par une séance de questions-réponses autour du contrôle de la procédure, de son application en milieu rural et de la formation des professionnels appelés à intervenir.
Delicia Tshiamala/stagiaire CONGOPROFOND.NET
