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RDC: la loi sur la reforme de la CENI promulguée, que reste-t-il à faire?
Le président Félix Tshisekedi a promulgué, mardi 06 juillet 2021, la loi sur la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), se passant des exigences de l’opposition. Selon cette loi, six sièges sur dix restent réservés aux partis proches du président de la République (Majorité présidentielle).
Cette loi entrera en vigueur 30 jours après sa promulgation et publication au journal officiel.
Elle ouvre donc la voie au renouvellement de l’équipe dirigeante de la Centrale électorale et au démarrage du processus électoral proprement dit.
Toujours est-il que cette promulgation a suscité autant des remous sur le plan national et international.
L’Opposition dont la coalition Lamuka de Martin Fayulu estime qu’elle permet à l’actuel Chef de l’État de faire un passage en force aux prochaines élections.
« Après avoir nommé de nouveaux juges à la Cour constitutionnelle en violation de la Constitution, l’on veut rééditer l’exploit de la fraude électorale de 2018 en mettant en place une CENI politisée qui sera chargée d’accomplir la volonté d’un homme. Laissez-moi vous le dire solennellement : Cela ne passera pas et le peuple congolais s’élèvera comme un seul homme pour s’y opposer avec la dernière énergie », a t-il dit.
Même son de cloche du côté des religieux.
Le régime en place n’a pas réussi a rassurer les Congolais, pense le révérend Eric Nsenga, le porte-parole de l’Eglise du Christ au Congo (ECC).
« Notre position actuellement est celle de regretter fondamentalement l’attitude de l’actuel régime. Pour nous, la requalification de la majorité entrait dans une logique de donner plus de place à la volonté collective donc à la place du peuple. Maintenant qu’on a compris, c’était pour nous un véritable test de sincérité et nous pensions que ce régime allait mettre les réformes au centre de son action pour nous garantir de bonnes élections en 2023 », déplore le responsable religieux.
Lors de la présentation du rapport du Secrétaire général des Nations-Unies sur la situation en République démocratique du Congo au Conseil de sécurité ce mercredi 07 juillet, Bintou Keïta, représentante spéciale de l’ONU en RDC a estimé qu’il est essentiel qu’un consensus national soit trouvé sur les nominations des responsables de la CENI en vue de l’organisation des élections de 2023. Elle a notamment insisté sur ce point pour envisager un retrait du pays de la MONUSCO.
Quelles sont les prochaines étapes après la promulgation de la dite loi?
« La prochaine étape est que le président de l’Assemblée nationale va notifier les parties prenantes concernées pour désigner leurs représentants à la CENI endéans 10 jours », a expliqué, sur TOP CONGO FM, l’expert électoral Jérôme Bonso.
Il s’agit de « la majorité et l’Opposition parlementaires, les confessions religieuses et les organisations de l’éducation civique et électorale selon le quota déjà reparti par la loi en raison de 6 membres pour la majorité, 4 pour l’Opposition et 5 pour les confessions religieuses, 1 pour les mouvements et associations de défense des droits de femme et 1 pour l’éducation civique et électorale ».
Ensuite, « ces listes seront retournées à l’Assemblée nationale qui va mettre en place une Commission pour examiner les dossiers des candidatures à présenter à la plénière pour endossement avant d’aller chez le président de la République pour une ordonnance d’investiture ».
La nouvelle loi portant organisation de la CENI a été proposée par le Vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala. Adopté le 4 juin 2021 par l’Assemblée nationale, puis en seconde lecture par le Sénat le 11 juin dernier, le texte de loi a été validé par la Cour constitutionnelle, comme étant conforme à la constitution avant sa promulgation par le Président Félix Tshisekedi le mardi 06 juillet.
Parmi les reformes entreprises dans cette nouvelle loi, le nombre de membres passe à 15 en raison de 5 pour la majorité, 5 pour l’opposition et 5 pour la société civile. 7 d’entre eux siégeront au bureau qui sera dirigé par un délégué des confessions religieuses.
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
