À la Une
RDC : L. Mosengwo et F. Tshisekedi fument le calumet de la paix, Fayulu isolé
Fini le temps où le cardinal affichait un air broussailleux contre le président actuel, manifestant par ricochet son soutien indéfectible au combat de Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre dernier dernier.
Jadis: « C’est le même régime. Rien n’a changé. Au contraire: c’est un Président nommé. KSi vous vous contentez de cela, bon. Mais Fayulu va continuer à réclamer la vérité des urnes, » avait déclaré le prélat dans une interview à nos confrères des médias belges.
Aujourd’hui, c’est plutôt :
« Que le mandat du Président Félix Tshisekedi soit bénéfique pour le peuple de Dieu ! « . Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya l’a déclaré ce dimanche 21 avril à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, au cours de la célébration eucharistique de Pâques. Il y a bel et bien dégel dans les relations entre l’Eglise et l’État congolais.
Relations, convient-il de rappeler, marquées par des hauts et des bas depuis l’avènement du 5e président. L’Eglise soutenant ouvertement le candidat malheureux Martin Fayulu.
Des observateurs avertis sentaient depuis un certain temps un rapprochement entre les deux institutions.
Dernièrement, le président a reçu en audience les évêques de la CENCO et ils ont ensemble confirmé les bonnes relations entre l’Eglise et l’État. « L’heure de la vérité des urnes est dépassée, » avait dit l’abbé Donatien Nshole au sortir de cette audience.
Même les mots incendiaires prononcés le jour du vendredi saint par l’évêque métropolitain de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, n’ont pas glacé ces relations.
Le déplacement du président vers Notre-Dame est la preuve d’une grandeur politique sans précédent du chef de l’État en tant que garant de la nation.
D’un autre côté, Martin Fayulu continue à perdre de plus en plus des alliés de poids.
En effet, après Kyungu, Diongo, Mvuemba et l’acquittement de Katumbi, Martin Fayulu risque de mener seul la barque de la « vérité des urnes » dont la dernière réunion de Lamuka à Bruxelles a vidé toute sa subsistance.
Isolé de plus en plus, le président de l’Ecidé est pratiquement resté avec ces frères du terroir : Freddy Matungulu et Adolphe Muzito.
Le MLC exigeant de plus en plus le poste du porte-parole de l’opposition, risque de se battre pour le leadership de cette entité face à Martin Fayulu dont la popularité est sans conteste.
Rappelons que le président de la République est allé prier, en ce dimanche de Pâques avec les chrétiens catholiques à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, rapporte la presse de la Présidence de la République.
C’est le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque émérite de Kinshasa qui a célébré cette eucharistie.
Dans son mot de bienvenue avant d’officier cette messe, le cardinal Monsengwo a rapporté aux chrétiens que le Président de la République est venu «rendre une action de grâce depuis son avènement à la tête du pays».
TMB/ CONGOPROFOND.NET
À la Une
Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité
Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.
Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante
Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.
Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.
Les failles du système judiciaire actuel
Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.
La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.
Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.
Les conditions d’une justice crédible
Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.
Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.
Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.
Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.
Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
