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RDC/Kwango: le mausolée des martyrs inauguré à Kenge
Le 05 mai restera à jamais gravé dans la mémoire collective de la province du Kwango. Cette date, les fils et filles de la province du Kwango se rappellent et commémorent le massacre de leurs frères et soeurs perpétré lors de la guerre dite de libération, en 1997.

En mémoire de ce triste événement, le gouverneur de province Kanys Makofi Kabamba a tenu à honorer les sangs de ses frères coulés pour sauver la République démocratique du Congo toute entière. C’est ainsi qu’il a fait ériger, dans l’enceinte de l’église Kimbanguiste, un mausolée symbolique où reposeront désormais en paix et en dignité ces Congolais qui ont offert de leur vie en rançon pour la paix et la démocratie au pays.

Dans son discours, Kanys Makofi a donné les raisons pour lesquelles la commémoration du XXII ème anniversaire de ces massacres est célébrée à l’église Kimbanguiste.
En substance, le premier kwangolais a indiqué que le site de l’église kimbanguiste a accueilli une fosse commune où plusieurs corps ont été enterrés dans des conditions inhumaines.
Pour Kanys Makofi, les martyrs de Kenge méritent pourtant d’être commémorés par tous.
Auparavant, le député provincial Lingin Kafinga Mbumba Karkouf a donné son traditionnel témoignage d’un homme qui a vécu les événements.

Dans la nuit du 04 au 05 mai 1997, rappelle-t-il, une troupe de mercenaires angolais et chinois recrutés par le président Mobutu et combattant aux côtés des soldats de la Division Spéciale Présidentielle(DSP) fait son entrée à Kenge. Elle a mission de créer une zone tampon pour barrer la route à la progression des troupes de l’Afdl. La deuxième raison qui aurait motivée la décision de Mobutu serait que le dictateur voulait punir les habitants de Kenge qui attendaient accueillir les rebelles en libérateurs. Cette nuit, jusqu’au petit matin, les têtes sont tombées et le sang à coulé. Une centaine de personnes a pris refuge dans l’église kimbanguiste, où les fidèles se cachaient et priaient. Les mercenaires les éliminent un à un et des corps ont été enterrés dans une fosse.
Le massacre serait plus grand dans toute la ville et dans les villages environnants, si le vaillant Longin Karkouf, alors president des jeunes, bravant peur et hésitation, n’avait pas pris la route de Kikwit pour inviter et aider les « rebelles » à arriver à temps pour libérer la ville des mains des mercenaires. Une chanson de « Fils de Corée » de la paroisse Mwense Anwarite rappelle ces faits macabres dans un ton mélancolique.
À Kenge, cette date est devenue l’occasion de plaider en faveur de la prise en compte de Kwangolais par les pouvoirs centraux, notamment le président de la République, qui doivent considérer que Kenge a payé de son sang la libération de la RDC. Car la bataille de Kenge avait balisé le chemin aux « libérateurs » pour éviter le pire à la capitale Kinshasa.
Les martyrs de Kenge ne vont plus hanter les esprits, ils ont désormais un endroit digne où ils doivent se reposer. Bravo à Makofi, pour l’initiative.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
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Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
