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RDC / Justice : 324 magistrats suspendus, un avocat radié pour spoliation

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Le ministère de la Justice annonce avoir sanctionné 324 magistrats en 2025 pour des faits de corruption et de spoliation en République démocratique du Congo. Dans le même élan, un avocat du barreau de la Gombe a été radié pour avoir illégalement dépossédé une mère de famille de son logement.

Ces annonces ont été faites le jeudi 8 janvier à Kinshasa par le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, lors d’un briefing conjoint avec le ministre de la Communication, Patrick Muyaya. Selon le patron de la justice congolaise, ces sanctions résultent de plaintes introduites par des justiciables et des avocats.

Le ministre affirme avoir engagé une politique de tolérance zéro à l’égard des pratiques illégales au sein du secteur judiciaire, soulignant que plusieurs magistrats font également l’objet de poursuites pénales.

Sur le plan carcéral, 270 demandes de liberté provisoire ont été acceptées sur 800 introduites. Le ministère indique par ailleurs avoir formé et déployé 100 officiers de police judiciaire afin de renforcer la crédibilité des actes judiciaires.

Concernant la lutte contre le banditisme urbain, Guillaume Ngefa a rappelé que près de 500 présumés kuluna arrêtés lors de l’opération Ndobo sont actuellement jugés en audiences foraines.

À la Une

Est de la RDC : Human Rights Watch accuse le M23 et l’armée rwandaise de graves exactions à Uvira

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L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch accuse les rebelles du M23 et des soldats rwandais d’avoir commis de graves violations contre des civils lors de l’occupation de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans un rapport publié ce jeudi 14 mai, l’ONG évoque notamment des exécutions sommaires, des viols, des disparitions forcées et des enlèvements survenus entre décembre 2025 et janvier 2026.

Des témoignages accablants recueillis sur le terrain

Selon Human Rights Watch, les enquêteurs ont rencontré plus d’une centaine de témoins, survivants et responsables locaux afin de documenter les violences commises après la prise d’Uvira par les combattants de l’AFC/M23 soutenus, selon l’organisation, par des éléments de l’armée rwandaise. L’ONG affirme que plusieurs civils non armés, dont des femmes et des mineurs, auraient été ciblés alors même que les forces gouvernementales congolaises avaient déjà quitté la ville.

Parmi les récits recueillis figure celui d’un père ayant perdu quatre de ses fils, exécutés dans leur maison par des hommes armés accusant les victimes d’être proches des groupes d’autodéfense wazalendo. D’autres témoignages font état de violences sexuelles commises contre des femmes parties chercher de la nourriture dans les zones agricoles autour de la ville.

Human Rights Watch parle de possibles crimes de guerre

Pour l’organisation, la nature des actes documentés pourrait relever de crimes de guerre. Human Rights Watch estime également que le rôle joué par les forces rwandaises dans cette occupation renforce les accusations selon lesquelles Rwanda agirait directement aux côtés du M23 dans l’est congolais, ce que Kigali continue de nier.

L’ONG appelle la communauté internationale à intensifier les enquêtes indépendantes et à sanctionner les responsables présumés des abus. Elle demande aussi une meilleure protection des civils dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, régulièrement secouées par les affrontements armés.

Une situation sécuritaire toujours explosive à Uvira

La ville d’Uvira reste au cœur des tensions dans le Sud-Kivu malgré le retrait annoncé du M23 en janvier dernier. Plusieurs rapports évoquent encore des violences, des déplacements massifs de populations et la découverte de fosses communes après le départ des rebelles. Les autorités congolaises et les groupes armés locaux continuent de s’accuser mutuellement de nouvelles violations contre les civils.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

 

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