Religion
RDC : Jules Mulindwa entame une tournée évangélique après la fermeture de ses églises par l’AFC-M23 dans les zones sous occupation
Le prophète Mulindwa Jules, présenté comme lauréat du Grand Prix mondial de la Paix et ambassadeur de la paix, a entamé depuis le week-end dernier une tournée évangélique dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette mission spirituelle a débuté dans la province de la Tshopo, précisément dans la ville de Kisangani, et devrait se poursuivre dans plusieurs localités avant de se conclure à Goma, où comme dans d’autres zones sous occupation rebelle de l’AFC-M23, ses églises ont fermées par ce que son évangile fidèle aux autorités de Kinshasa gêne le mouvement rebelle.
D’après des informations communiquées par la Diaconie générale de son mouvement religieux, cette tournée s’inscrit dans une mission que le prophète affirme avoir reçue pour l’année 2026. « Depuis ce dernier week-end, le lauréat du Grand Prix mondial de la Paix, l’Ambassadeur de la paix, le prophète Dr. Mulindwa Jules a lancé sa tournée évangélique à l’Est de la RD Congo en commençant par la province de la Tshopo/Kisangani et il finira par la Ville de Goma selon la mission que son Dieu lui a envoyée en 2026 », indique le texte transmis par ses proches.
À en croire le rapport chiffré de la Diaconie générale, la première grande rencontre s’est tenue samedi 7 mars 2026 à l’esplanade de la Poste à Kisangani. Les organisateurs affirment que des dizaines de milliers de fidèles y ont pris part, venus des différentes églises affiliées au mouvement.

« Ce samedi 7 mars 2026; le Rapport chiffré de la Diaconie Générale renseigne que cette autorité spirituelle a réuni 55462 fidèles à l’esplanade de la poste venant de ses églises de la rive gauche et de la rive droite de la ville de Kisangani pour recevoir de lui un message d’espoir venant de son Dieu que lui appelle christ vivant du Congo », précise le document.
Lors de cette rencontre religieuse, le prophète a délivré un message présenté comme prophétique, appelant les Congolais à ne pas céder à la peur malgré les turbulences que traverse le pays.
« Le contenu de ce message prophétique est que Dieu leur demande de n’avoir peur de rien pour tous ces orages qui se passent en RDC car ce pays appartient uniquement à son Dieu tout puissant et il n’a jamais été vaincu », rapporte la même source.
Selon les organisateurs, « les Anciens et notables de cette province disent que depuis l’histoire de réception des foules à la poste même le président Mobutu Sese Seko n’avait battu ce score; le reste est à vérifier ».
La tournée évangélique du prophète Mulindwa Jules devrait se poursuivre dans d’autres villes de l’Est de la RDC avant de se clôturer à Goma, une région marquée par des années de conflits armés. Les organisateurs affirment que l’objectif de ces rassemblements est de porter un message d’espérance et de prière pour la paix dans le pays.
Signalons que dans les zones sous occupation de la rébellion de l’AFC-M23, les églises du prophète Jules Mulindwa sont fermées depuis près d’un mois maintenant.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Nkamba, ville sainte : Dr Lohanga Konga Jospin monte au créneau et recadre le débat
La polémique autour du statut de Nkamba comme ville sainte continue d’alimenter les débats en République démocratique du Congo. À l’origine de cette controverse, une déclaration d’un prélat catholique congolais, récemment nommé au sein du gouvernement romain, remettant en question cette reconnaissance spirituelle.
Une sortie médiatique qui n’a pas laissé indifférents les milieux religieux, notamment ceux du kimbanguisme. Dans un échange accordé à la rédaction de Congoprofond.net, ce jeudi 16 avril, l’ambassadeur itinérant Dr Lohanga Konga Jospin, auprès du représentant légal de l’Église kimbanguiste, Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, est monté au créneau pour apporter des éclaircissements qu’il qualifie de « nécessaires et urgents ».

Une controverse née d’une déclaration ecclésiastique
Tout part d’une prise de position publique d’un archevêque catholique congolais, ancien président de la CENCO, qui conteste le caractère sacré de Nkamba, berceau du kimbanguisme fondé par Simon Kimbangu.
Cette déclaration, rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux et dans les débats populaires, a suscité incompréhension et réactions, notamment au sein des fidèles kimbanguistes.
Saisissant « la balle au bond », selon ses propres termes, Dr Lohanga Konga Jospin a livré une réponse méthodique, s’appuyant à la fois sur les fondements doctrinaux du kimbanguisme, l’histoire spirituelle de Nkamba et la reconnaissance progressive de cette ville comme centre religieux majeur.
Avec une rhétorique maîtrisée, il rappelle que Nkamba n’est pas une construction symbolique récente, mais une réalité spirituelle enracinée dans la mission prophétique de Simon Kimbangu.
« La sainteté de Nkamba ne procède pas d’une validation humaine, mais d’une manifestation divine vécue et reconnue par des générations de croyants », soutient-il en substance.
Nkamba : un centre spirituel vivant
L’ambassadeur itinérant insiste sur le fait que Nkamba représente un lieu de pèlerinage international, un espace de communion spirituelle et un point de convergence de la foi africaine.
Selon lui, contester Nkamba revient non seulement à ignorer une réalité religieuse vécue, mais aussi à minimiser l’apport du kimbanguisme dans l’émancipation spirituelle et identitaire africaine.
Dans son intervention, Dr Lohanga Konga Jospin dénonce également ce qu’il considère comme une lecture partielle des faits religieux et une confusion entre reconnaissance institutionnelle et réalité spirituelle.
Il appelle ainsi à une approche plus rigoureuse et respectueuse des différentes confessions religieuses présentes en RDC.
Une défense du pluralisme religieux

Au-delà de la polémique, cette prise de parole s’inscrit dans une logique plus large : celle de la défense du pluralisme religieux et du respect mutuel entre Églises.
Pour Dr Lohanga Konga Jospin, il est essentiel que chaque confession soit reconnue dans sa spécificité et que les débats théologiques ne deviennent pas des instruments de division.
En intervenant avec précision et fermeté, l’ambassadeur itinérant s’impose comme une voix structurée dans ce débat sensible. Sa démarche vise à réaffirmer une conviction profonde : Nkamba, pour les fidèles kimbanguistes, est et demeure une ville sainte par essence, indépendamment des controverses.
Dans un contexte où foi, identité et reconnaissance institutionnelle s’entremêlent, cette polémique révèle surtout l’importance d’un dialogue interreligieux apaisé et fondé sur la connaissance mutuelle.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
