Connect with us

À la Une

RDC : Japhet Toko appelle à repenser le fact-checking et à renforcer l’éducation aux médias centrée sur les jeunes face aux manipulations en ligne

S’exprimant, jeudi 24 septembre 2026 lors de « Dans le Lab », nouveau rendez-vous de Kinshasa News Lab consacré aux conversations, expériences et idées autour du journalisme et de l’information, Japhet Toko, journaliste et secrétaire de rédaction à Lokuta Mabe, a estimé que les initiatives de fact-checking en République démocratique du Congo (RDC) doivent revoir leurs pratiques pour mieux répondre à la montée de la désinformation, notamment sur les réseaux sociaux et avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA).

Pour Japhet Toko, le simple fait de démentir une fausse information et de lui attribuer un verdict ne suffit plus. Il appelle ainsi les acteurs du fact-checking à faire évoluer leurs méthodes et à diversifier leurs contenus. « Si le fact-checker ou l’ensemble des initiatives de fact-checking qui existent déjà au pays ne vont pas revoir leurs pratiques, ça va être compliqué », a-t-il déclaré, estimant qu’après plusieurs années, certaines initiatives continuent de fonctionner selon les mêmes mécanismes.

Cette évolution passe notamment par une diversification des formats et des canaux de diffusion. Selon lui, les fact-checks ne devraient plus se limiter aux articles écrits, particulièrement dans les zones où l’accès à Internet reste limité. « Si on pouvait diversifier les formats, donc les fact-checks écrits, on va peut-être décliner en visuel, en petites vidéos, en podcast », a-t-il proposé. Ces contenus pourraient notamment être relayés par les radios communautaires afin d’atteindre les publics qui n’ont pas facilement accès aux plateformes numériques.

Au-delà du démenti, Japhet Toko insiste également sur l’importance de l’éducation aux médias, particulièrement auprès des jeunes, fortement exposés aux contenus qui circulent rapidement sur les réseaux sociaux. Face aux manipulations alimentées par l’IA et aux nombreuses informations auxquelles ils sont confrontés, il estime qu’il faut leur donner les outils nécessaires pour développer leur esprit critique. « Il faut les éduquer aux médias, de sorte qu’ils aient un esprit critique vis-à-vis des contenus pour ne pas les partager assez rapidement », a-t-il expliqué.

Pour lui, il reste toutefois difficile d’identifier une catégorie précise de jeunes qui serait la seule cible de cette éducation. Il préconise donc une approche plus large : « Il faut les prendre de façon globale. Donc, il faut intéresser tout le monde, tous les jeunes. » Cette éducation devrait notamment les encourager à prendre le temps de vérifier une information, à consulter des médias crédibles ou des plateformes de fact-checking avant de la partager. Une approche qui, selon son analyse, permettrait de s’attaquer davantage à la chaîne de transmission de la désinformation, plutôt que de se limiter à corriger les fausses informations une fois qu’elles sont déjà largement diffusées.

Exaucé Kaya