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RDC: Ilunga Ilunkamba prêt à affronter F. Tshisekedi !
Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba pourra-t-il résister au rouleau compresseur de l’Union sacrée de la nation ?
Des échos de la Primature, il revient que le Premier ministre, qui fait l’objet d’une motion de défiance signée par 301 députés nationaux, ne compte pas répondre à l’invitation de l’Assemblée nationale. Son entourage explique que cette attitude se justifie par le fait que l’invitation du bureau d’âge n’est pas conforme à la loi.
Pour eux, ainsi que ses soutiens du FCC, la mission de ce bureau d’âge est de procéder à la mise en place du bureau définitif, en remplacement du bureau Mabunda destituée il y a plusieurs semaines. Ce bureau d’âge, argue-t-on, a pour mission, conformément au Règlement intérieur de la chambre basse, de ne pas aller au-delà de sa mission en procédant au contrôle parlementaire. Or, l’examen de la motion de méfiance entre dans le cadre du contrôle parlementaire.
En promettant de ne pas répondre à l’invitation de l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ilunkamba est prêt à en découdre avec les députés membres de l’USN.
En promettant de ne pas se présenter mardi à la plénière de l’Assemblée nationale pour présenter ses moyens de défense, le Premier ministre compte, par ce geste, humilier ces mêmes députés qui l’avaient investi il y a une année et demie.
En fait, le professeur Ilunga Ilunkamba ne voudrait pas non plus qu’on l’humilie par la plénière qui, quels que soient les éléments de défense qu’il présentera, votera la motion de défiance.
En refusant de démissionner à la demande du chef de l’État, le Premier ministre Ilunkamba le défie de la même manière qu’il avait fait des leçons au Président de la République lors de la nomination de trois juges constitutionnels. Plus grave, le Premier ministre Ilunga Ilunkamba a refusé d’organiser la cérémonie de prestation de serment de ces trois juges, brillant par son absence.
Ce que le Premier ministre ne semble pas comprendre est que la majorité qui l’avait investi a désormais une nouvelle adresse et une autre vision de la conduite des affaires de l’Etat, différente de celle qui avait prévalu lors de son investiture.
La nouvelle dynamique de l’Union sacrée de la nation ne s’accommode pas de sa présence à la Primature. Bien au contraire, la nouvelle dynamique est celle qui écoute le Président Tshisekedi et qui suit ses orientations.
Pour le chef de l’Etat, tous ceux qui avaient cristallisé la crise devront céder leur place à de nouvelles figures ou à ceux qui se sont convertis en adhérant à la nouvelle vision de la gouvernance du pays prônée par lui.
En situation normale, le professeur Ilunga Ilunkamba aurait rendu le tablier sans se faire prier.
Mais, dans ce contexte de crise, le professeur Sylvestre Ilunga représente sa famille politique. Il applique la stratégie de son autorité morale, Joseph Kabila Kabange. Il ne peut donc pas se détourner de la ligne qui lui était tracée par ceux qui l’avaient hissé à ce poste.
ROULEAU COMPRESSEUR
En alignant 301 signatures dans la motion contre le Premier ministre, les signataires ont voulu faire passer le message qu’il n’y échappera pas. Il suffisait de réunir 125 signatures pour que la motion soit examinée.
Mais, la motivation étant éminemment politique, ils ont tenu à afficher le degré de leur détermination.
Ils ont apporté la preuve que le Premier ministre et son Gouvernement subiront le même sort que le bureau Mabunda.
Le modus operandi n’est-il pas le même ?
Présent ou absent, le Premier ministre Ilunkamba subira la loi de la plénière. Le vote en faveur de la motion sera écrasant. C’est une certitude.
A tout prendre, le Gouvernement Ilunkamba tombera comme un fruit mûr, parce que jusqu’à ce jour, il est considéré comme un obstacle à la réalisation des objectifs de la nouvelle dynamique qu’entend insuffler Félix Tshisekedi dans le cadre de l’Union sacrée de la nation.
En faisant un détour, on croit donc savoir que le prof Ilunga est allé requérir le dernier mot de son autorité morale. Que le chef de l’Etat l’ait autorisé à effectuer ce déplacement, il y a de quoi se dire que le carottes sont véritablement cuites pour Ilunga Ilunkamba.
Dans tous les cas, quelle qu’en soit la forme, le Premier ministre partira. Plus rien ne pourrait donc le sauver. A moins qu’il se décide d’ouvrir délibérément un front contre le chef de l’Etat, dont il serait d’ailleurs perdant sur toute la ligne, l’Assemblée nationale étant déjà acquise à la cause de Félix Tshisekedi.
ECONEWS
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
