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RDC : il faut créer des services de médecine intensive réanimation ( Par Tonduangu Daniel, Spécialiste en médecine intensive réanimation Rosoy, France )

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Je voudrais soumettre aux gens de bonne volonté une demande.

Chaque pays a les dirigeants qu’il mérite et ces derniers doivent apporter des réponses adéquates aux problèmes de société.

La pandémie covid-19 est une grande préoccupation pour tous les système de santé dans le monde entier. Tous les pays sont impactés et bouleversés. C’est maintenant que notre capacité de réaction et projection sera jugée.

La Covid-19 attaque principalement les poumons, une infirme partie des personnes infectées va développer une pneumonie grave, responsable de Syndrome de détresse respiratoire aiguë ou SDRA.

Cette entité pathologique est connue depuis 1969 (guerre de Vietnam) par les médecins intensivistes réanimateurs.

Sa prise en charge est maintenant bien codifiée : coma artificiel, respiration artificielle, paralysie musculaire par des curares et retournement de position( les patients sont mis sur le ventre). Pour la maladie covid-19, ce traitement prend en moyenne 2 semaines…

Notre pays est certes dans une situation de manque d’équipement médical généralisé mais au même moment il existe des équipes medicales en RDC ( Cliniques universitaires, Hôpital général, Clinique Ngaliema, Monkole, Hôpital de l’amitié sino-congolaise, Hôpital Biemba Marie Mutombo…) qui avec un renforcement de l’équipement existant ou l’installation en urgence des équipements réquis, peuvent être opérationnels, après une formation accélérée…

Au même moment, des dizaines des médecins et infirmières d’origine congolaise éparpillés à travers le monde et travaillant dans des services de médecine intensive réanimation sont prêts à apporter leur contribution ( pour le moment à distance grâce à internet).

Il est grand temps que les décideurs s’approchent des experts pour faire un état des lieux du matériel: achat des respirateurs ( au moins 100 ) pour la ville Kinshasa, des consommables utiles et médicaments…

Recensement des unités médicales et paramédicales avec expertise.

 

Les temps sont durs…

L’intelligentsia congolaise doit se concerter pour répondre, dans un esprit solidaire, à ce grand défi du 21 ème siècle…

Que tous les gens de bonne volonté nous aident à avoir des services de réanimation à Kinshasa, mais également à Lubumbashi, Kisangani…et enfin dans tous nos hôpitaux provinviaux de référence…il y a urgence !

On me dira que c’est une autopie…

Les utopies d’hier ne sont elles pas devenues de grandes réalisations d’aujourd’hui? Si on ne le fait pas aujourd’ hu, on le fera quand?

 

 

Tonduangu Kuezina Daniel, Spécialiste en médecine intensive réanimation Rosoy, France


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Santé

Renforcer l’autonomie des filles : La clé de l’éradication du SIDA par l’éducation et les droits à la santé

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Aujourd’hui, nous célébrons la Journée internationale de l’enfant africain dans des circonstances difficiles, nos communautés et nos pays étant confrontés à de multiples crises. Bien que nous ayons fait plusieurs progrès, de nombreux obstacles empêchent encore tous les enfants africains de jouir de leurs droits et de mener une vie pleine et en bonne santé.

Malgré les progrès réalisés au cours des dernières décennies, on estime que 58 % des enfants en âge de fréquenter le deuxième cycle du secondaire en Afrique

subsaharienne ne sont pas scolarisés. En Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), seuls 65% des filles et 69% des garçons terminent l’école primaire, les filles sont moins nombreuses que les garçons à achever leur scolarité et cet écart s’accroît avec l’âge. Dans le même temps, une adolescente sur quatre et près d’un adolescent sur cinq ne reçoivent aucune éducation ou formation formelle.

Notre région est confrontée à une crise avec le taux de natalité le plus élevé au monde : 33 % des femmes accouchent avant l’âge de 18 ans, et 3,5 % avant l’âge de 15 ans. Le mariage des enfants est endémique : plus d’une fille sur sept est mariée avant l’âge de 14 ans, voire trois sur dix dans certains pays. Il est alarmant de constater que seulement 15 % des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans, ou leurs partenaires, utilisent des contraceptifs modernes. Ce manque d’accès à la santé reproductive aggrave les problèmes, car près de la moitié des adolescentes et plus d’un tiers des garçons justifient de manière choquante le fait de battre leur femme. Le fléau des mutilations génitales féminines persiste également, sa prévalence chez les filles âgées de 15 à 19 ans variant considérablement de moins de 1 % à plus de 90 % dans la région. Ces dures réalités exigent une attention et une action urgentes.

Ces sombres statistiques représentent la vie de jeunes filles dont le potentiel est bafoué et l’avenir détourné. Nombre d’entre elles ne retourneront jamais à l’école, reléguant leur participation économique à des emplois mal rémunérés et perpétuant un cycle de pauvreté pour leurs enfants. Maintenir les filles à l’école est un défi majeur qui exige des investissements urgents. Les femmes plus instruites sont en meilleure santé, ont des revenus plus élevés, se marient plus tard et contribuent à la santé et à l’éducation de leur famille.

Ces facteurs combinés peuvent permettre à des millions de personnes de sortir de la pauvreté. L’éducation est également essentielle pour lutter contre les taux élevés de VIH chez les adolescentes et les jeunes femmes. Il est temps de renouveler l’engagement en faveur de cette cause.

Malgré une baisse substantielle des nouvelles infections par le VIH au niveau mondial, l’épidémie continue de toucher de manière disproportionnée les adolescentes et les jeunes femmes, en particulier en Afrique.

Les adolescentes et les femmes (âgées de 15 à 49 ans), qui représentent 43 % des nouvelles infections par le VIH dans la région en 2022, continuent de se heurter à des obstacles juridiques et sociétaux, tels que les limites liées à l’âge du consentement pour l’accès au dépistage du VIH. Ces obstacles entravent leur accès au VIH et à d’autres services vitaux, notamment en ce qui concerne la violence sexiste, ainsi que les efforts visant à réduire la stigmatisation et la discrimination.

4,8 millions de personnes vivent actuellement avec le VIH en Afrique de l’Ouest et du Centre, et plus d’un quart (26 %) de tous les enfants séropositifs dans le monde résident dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. En outre, 38% des nouvelles infections chez les enfants se produisent dans cette région.

Nos données montrent que le maintien d’une fille à l’école secondaire peut réduire son risque de contracter le VIH jusqu’à 50 % dans certains pays.

L’éducation est un facteur de protection contre les mariages d’enfants et les mariages précoces, les grossesses non désirées chez les adolescentes, la violence, la stigmatisation et la discrimination liées au genre.

L’engagement de l’AOC, approuvé par les ministères de l’éducation et de la santé en 2023, envisage une Afrique subsaharienne où les adolescents et les jeunes obtiennent des résultats positifs en matière de santé, d’éducation et d’égalité des sexes.

Il vise à améliorer les résultats des jeunes en matière de santé et d’éducation en renforçant le plaidoyer, en fournissant un cadre politique, en renforçant les mécanismes de coordination, en encourageant la collaboration entre les secteurs de l’éducation et de la santé, et en mobilisant les donateurs autour d’un programme commun, avec des rapports périodiques par rapport aux objectifs convenus pour assurer une mise en œuvre cohérente.

À l’occasion du premier anniversaire de l’engagement de l’AOC, il est louable que l’Union africaine ait désigné 2024 comme l’année de l’éducation pour le continent.

Cinq agences des Nations unies – ONUSIDA, UNESCO, UNFPA, UNICEF et ONU Femmes – collaborent avec les gouvernements, l’Union africaine, la société civile, les réseaux de femmes et de filles et les partenaires du développement, dans le cadre de l’initiative Education Plus, afin de déployer des efforts délibérés pour investir dans l’éducation des adolescentes et dans des programmes de transition entre l’école et le travail, de manière à réduire le risque de contracter le VIH/sida et à leur assurer un avenir indépendant sur le plan économique.

Alors que nous célébrons la Journée de l’enfant africain, unissons-nous pour garantir le droit de chaque enfant à l’éducation et à un avenir meilleur. Nous ne devons pas laisser tomber nos jeunes. Nous devons investir dans leur vie et protéger leurs droits. Investir dans l’éducation, ce n’est pas seulement mettre fin à la pauvreté et aux disparités entre les sexes ; c’est aussi donner à chaque enfant la possibilité de s’épanouir et nous aider tous à lutter contre le sida d’ici à 2030.

Berthilde Gahongayire est la directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre du programme commun des Nations unies sur la lutte contre le sida (ONUSIDA).


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