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RDC/Goma: la « Maison des journalistes » sensibilise les webjournalistes sur leurs défis et rôle

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La Maison des journalistes de Goma, un bureau de coordination des activités de l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), a organisé un atelier sur les défis et rôle de la presse numérique de la province du Nord-Kivu, à l’intention des journalistes travaillant pour les médias en ligne.

La rencontre a eu lieu, le 19 avril 2019 dans la salle Bwira de la Joie Plazza Hôtel, dans la commune de Goma. 35 journalistes de la ville de Goma ont pris part à ces assises.

Mme Chancelle Nsingi, chercheure à l’OLPA, a dans son mot d’ouverture, remercié les participants, expliquant au passage que cette activité a bénéficié de l’appui de la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED) à qui elle a réitéré les remerciements de l’OLPA.

Trois communications ont été enregistrées lors de cette rencontre dont celle de Mme Rosalie Zawadi, présidente provinciale de l’Union
nationale de la presse du Congo (UNPC/Nord-Kivu) sur le respect de la pyramide des obligations professionnelles du journaliste pendant et après les élections.

Elle a rappelé aux participants le rôle des médias lors d’un cycle électoral. Pendant la période électorale, la presse a pour mission de surveiller : les droits des électeurs, les droits des candidats et des partis politiques et le processus électoral.

Parlant des obligations professionnelles du journaliste, Rosalie Zawadi a énuméré les obligations de vérité, d’indépendance, de neutralité, de responsabilité, de solidarité et celle de bonne connaissance des règles du jeu en matière électorale.

David Kalenda, assistant à l’Université Catholique la Sapientia de Goma, s’est appesanti sur les techniques de collecte, de traitement et de diffusion de l’information en ligne et les précautions à prendre face aux fake news.

L’orateur a indiqué qu’il est important pour le journaliste qui traite les nouvelles en ligne de faire partie d’un circuit de l’information. Il a défini le terme « fake news » comme des informations volontairement erronées, qui circulent très rapidement, notamment sur les réseaux sociaux.

Les précautions à prendre face aux fake news

Une fois en face d’un fake new, le journaliste devra procéder aux vérifications d’usage. Il devrait se méfier des titres accrocheurs, examiner attentivement l’URL, vérifier les dates et les photos, trouver d’autres sources.

Pour éviter de tomber dans les fake news, le journaliste ne doit pas être juge et partie. Il doit rester lucide pour ne pas se faire manipuler ou instrumentaliser, ne doit pas être utilisé pour une promotion.

Face à une information qui circule sur les réseaux sociaux, il faut toujours s’interroger sur la source qui la propage ainsi que les enjeux.

De son côté, Kabongo Mbuyi, acteur social et avocat au barreau de Kinshasa/Matete, est intervenu sur la réglementation de la presse numérique en RD Congo et les perspectives d’avenir. Il a fait remarquer que c’est depuis deux ans ou plus que le pays enregistre un foisonnement des médias en ligne ou de la presse numérique.

L’arsenal juridique congolais garantit non seulement l’exercice de la liberté de presse, de manière générale, mais aussi celle de la presse numérique, en particulier a-t-il fait savoir. Si l’article 24 de la Constitution consacre le droit à l’information et la liberté de presse, il ne mentionne pas clairement la presse numérique bien que celle-ci est aussi protégée par ces dispositions de la loi fondamentale.

La loi organique du 11 janvier 2011 sur le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) définit à son article 4 point 8 les médias en ligne. Une définition trop vague et parfois ambiguë.

Encourager l’implantation des médias dans les milieux ruraux (les NTIC et l’internet) et protéger les enfants des effets néfastes et pervers de l’internet sont parmi les attributions légales du CSAC.

Les médias en ligne ont l’obligation de présenter leur dossier au CSAC pour un contrôle de conformité (Article 17). C’est cette institution
qui a reçu du législateur le pouvoir de donner un avis conforme sur un média.

Curieusement et contre toute attente, le ministre des médias sortant a rendu public un arrêté ministériel controversé en date du 14 juin 2018 lequel porte mesures d’application de la loi du 22 juin 1996. Dans ses considérations, cet arrêté ne fait aucune allusion à la loi organique précédemment évoquée.

Chose grave, il parle même d’un décret inexistant n°96-002 du 22 juin 1996. Cet arrêté vient en rajouter un peu plus de confusion sur la définition du service de médias en ligne, créant un conflit de compétence évitable entre l’instance publique de régulation et le ministère de la communication et médias. Il y a lieu de recommander l’abrogation de cet arrêté qui est pris en violation de la loi.

Kabongo Mbuyi a noté des efforts au cours de la législature passée pour envisager des réformes principalement celle de la loi du 22 juin
1996 pour pouvoir prendre en compte la dimension médias en ligne, lesquels devront être poursuivis. Il n’est pas exclu que des
plaidoyers au niveau local puissent aboutir à l’adoption des édits provinciaux qui prennent en compte le travail de la presse numérique.

En ce qui concerne la constitution des entreprises de presse en ligne, il a conseillé l’enregistrement des entreprises auprès du Guichet unique de création des entreprises pour l’obtention d’un numéro RCCM avant l’avis de conformité du CSAC.

Les participants se sont scindés en deux groupes de travail dont le premier s’est penché sur la contribution de la presse numérique du Nord-Kivu dans la lutte contre les fake news et le second sur la protection légale des praticiens de la presse en ligne et l’avènement d’une véritable presse numérique au Nord-Kivu.

Après un débat houleux, les recommandations suivantes ont été formulées :

A l’Etat congolais

  • de redynamiser les structures qui encadrent les médias en ligne ;
  • de mettre fin aux coupures intempestives de la connexion internet et de veiller à l’amélioration de sa qualité ;
  • d’avoir son propre satellite ;
  • d’identifier les médias en ligne.

Au parlement

  • d’adopter le projet de loi relative à l’accès à l’information.

A l’Assemblée provinciale

  • d’actualiser l’édit portant protection des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme dans la province du Nord-Kivu.

Aux médias en ligne

  • d’ avoir une rédaction avec une équipe rédactionnelle soit virtuelle ou physique ;
  • de se mettre en règle avec l’Etat congolais ;
  • de renforcer les capacités des journalistes qui travaillent dans leur organe de presse ;
  • de motiver ou encourager la création des médias en ligne en Swahili.

A l’UNPC

  • de poursuivre l’identification des médias en ligne ;
  • d’ encourager les journalistes à revoir, démentir ou retoucher leur publication.

Aux journalistes de la presse en ligne

  • d ’ éviter la paresse afin de ne pas tomber dans le copier-coller ;
  • d ’  être la sentinelle de son métier vis-à-vis de lui-même et des autres.

 

 

 

CONGOPROFOND.NET

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Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda et l’ASMECO plaident pour une refondation institutionnelle

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Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine. 

À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions

Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.

L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.

Un mandat présidentiel plus long

Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.

La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.

Les fonctions de souveraineté et la question identitaire

Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.

Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.

Vers un Parlement monocaméral ?

Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.

Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.

Une vision portée par l’ASMECO

À travers l’Association des Métis au Congo (ASMECO), Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. La structure affirme également promouvoir des projets de développement communautaire et l’autofinancement pour soutenir ses actions sociales.

Ces nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de cette organisation citoyenne qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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