Economie
RDC : Félix Tshisekedi approuve la loi sur la reddition des comptes pour l’exercice 2023
Officiellement, l’annonce de l’adoption loi portant reddition des comptes de la loi de finances n°22/071 du 28 décembre 2022 pour l’exercice 2023, a été faite à l’issue d’une série d’ordonnances lues, samedi 21 décembre, sur la chaîne nationale RTNC, après être promulguée en l’Assemblée nationale et Sénat par Félix Antoine Tshisekedi.
« Voté en équilibre, tant en recettes qu’en dépenses, à 14 milliards USD, le budget de l’État pour l’exercice 2023 a été exécuté à hauteur de 13 milliards en recettes, soit un taux de réalisation de 91,22 %, et de 13,86 milliards en dépenses, soit un taux d’exécution de 96,49 % ».
Ce document a été présenté à l’Assemblée nationale et au Sénat par le ministre des Finances, Doudou Fwamba.
Dans ses interventions, le ministre est revenu sur plusieurs points, notamment : la synthèse du projet de loi, la situation consolidée des financements, et les principales articulations du projet.
Il a également rappelé que la loi de finances pour l’exercice 2023 avait été exécutée dans un contexte marqué par l’organisation du quatrième cycle électoral en République démocratique du Congo, la poursuite de la guerre d’agression dans l’Est, et la mise en œuvre de divers programmes de développement, tels que le PDL-145T, la gratuité de l’enseignement de base, la couverture santé universelle, et la gratuité de la maternité, entre autres.
Au début de la plénière, les Parlementaires se sont montrés critiques envers le gouvernement sur l’exécution de cette loi de finances.
La majorité d’élus ont dénoncé des incohérences, des dépenses effectuées en procédure d’urgence, une gestion problématique des provinces avec des faibles taux de crédits alloués, et l’absence de respect des textes en vigueur, notamment la Loi de finances publiques (LOFIP).
Par la suite, Ils ont également pointé, sur la base des observations de la cour des comptes, des fautes de gestion, telles que des dépassements budgétaires excessifs dans certains portefeuilles, le paiement de dettes non certifiées, et la mention dans le texte de travaux prétendument réalisés alors qu’aucune action concrète n’avait été observée sur le terrain.
Les sénateurs ont également déploré l’inopérationnalisation de la caisse nationale de péréquation, et certains ont proposé que la chambre basse sanctionne les responsables de ces irrégularités.
Conformément à la législation congolaise, le gouvernement est tenu de rendre compte de l’utilisation des fonds mis à sa disposition au cours de l’exercice budgétaire.
Les députés et sénateurs doivent quant à eux, arrêter le compte général du trésor par une loi portant reddition des comptes avant d’entamer l’examen du projet de loi de finances de l’exercice suivant. Ainsi, les sénateurs ouvre désormais la voie à l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2025.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Lutte contre le blanchiment d’argent : La RDC mise sur la régulation des jeux pour sortir de la liste grise du GAFI
Face aux défis liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, le gouvernement congolais accélère la réforme du secteur des jeux d’argent. Lors d’une réunion tenue au Centre financier de Kinshasa, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a présenté aux opérateurs les nouvelles orientations destinées à renforcer la transparence financière et la crédibilité internationale de la RD Congo.

Un enjeu stratégique pour l’image du pays
La RDC figure actuellement sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), une situation qui constitue un frein à l’attractivité des investissements étrangers et complique les relations avec certaines institutions financières internationales.
Pour le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, la réforme du secteur constitue une priorité nationale.
Selon lui, une meilleure régulation des activités de jeux permettra de renforcer le contrôle des flux financiers, de prévenir les circuits illégaux et d’améliorer l’image du pays auprès des partenaires internationaux.
Le ministère des Finances en première ligne
Cette réforme est portée par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, qui multiplie les initiatives visant à renforcer les mécanismes de conformité financière et à rapprocher la RDC des standards internationaux de gouvernance.
Au cours de la rencontre, Didier Bobwa Wese, chargé du système d’information et du monitoring des opérations des jeux au ministère des Finances, a souligné que l’absence d’un encadrement rigoureux expose le pays à d’importants risques sociaux et économiques.
Il a appelé les opérateurs à accompagner activement la transformation du secteur afin de construire un environnement plus transparent, plus compétitif et mieux sécurisé.
Une surveillance numérique renforcée
Au cœur de la réforme figure la création d’une plateforme de régulation centralisée permettant aux autorités de suivre les opérations financières des opérateurs en temps réel.
Cette innovation vise à détecter plus efficacement les anomalies, renforcer les mécanismes de contrôle et garantir une meilleure traçabilité des transactions.
Les opérateurs ont exprimé leur adhésion aux objectifs poursuivis par les autorités.
Les prochaines étapes porteront notamment sur des sessions techniques destinées à finaliser leur intégration au nouveau système de régulation.
Pour les autorités congolaises, cette collaboration est indispensable afin de bâtir un secteur des jeux d’argent conforme aux exigences internationales, capable de protéger les joueurs, de sécuriser les recettes publiques et de contribuer à l’amélioration de la réputation financière de la RDC sur la scène mondiale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
